Force et souplesse

La force et la souplesse sont deux qualités physiques mobilisées dans les différentes pratiques sportives et martiales. En karaté, en fonction des circonstances il est nécessaire d’être en capacité d’utiliser l’une et l’autre, ensemble, séparément ou alternativement en fonction des circonstances. Un style comme le goju-ryu, porte dans son nom l’idée que la force « go » et la souplesse « ju » ne peuvent être dissociées dans la pratique et le combat.

Je ne vais pas développer dans cet article les qualités physique de force et de souplesse, ni les moyens de les acquérir, vous trouverez cela sur beaucoup de sites dédiés à la préparation physique. Ce qui m’intéresse ici c’est d’analyser ce qu’on entend par force et souplesse et d’esquisser leurs places respectives dans les pratiques de karaté. Lire la suite

Génèse d’un kata

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Du combat à la codification

Ce texte est un extrait du livre « BUNKAI, l’art de décoder les kata » budo éditions.

Comment les katas ont-ils été créés ? On peut envisager plusieurs hypothèses sur leurs origines. Comment en est-on arrivé à élaborer un système de défense encapsulé dans une suite de mouvements qui souvent nous semblent hermétiques…

On peut facilement imaginer qu’à l’origine, des hommes se sont entraînés pour trouver les meilleures façons de se défendre. Ils ont donc recherché et élaboré des techniques auxquelles ils s’entraînaient avec un partenaire. Une première étape de la codification fut de répertorier un certain panel d’attaques possibles, les plus courantes, et d’appliquer les techniques qui semblaient fonctionner pour se défendre. Ces techniques avaient certainement été testées dans des combats réels et une fois validées, elles ont été améliorées au gré des expériences. Pour pouvoir s’entraîner avec un partenaire, un certain nombre d’enchaînements ont été codifiés. Mais très rapidement, d’une part leur nombre augmentait et il était difficile de se souvenir de tout l’arsenal défensif accumulé, d’autre part comment faire pour réviser l’ensemble de ce corpus technique sans partenaire ?

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Les 9 projections de Funakoshi

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Dans un précédent « Les projections en karaté » article j’ai traité des techniques de projection, nage-waza, dans le karaté anciens, que l’on retrouve aujourd’hui grâce à la mise en application des katas avec un partenaire. J’y mentionnais aussi les 9 projections que Gichin Funakoshi décrit dans son ouvrage « karate-do kyohan« . Il me semblait important de présenter ces techniques aux lecteurs qui ne les connaissent pas, d’autant plus qu’on y trouve clairement des applications de certains katas. Lire la suite

Les projections en karaté

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Les projections existent-elles en karaté ?

L’enseignement du karaté moderne consiste principalement dans l’étude des techniques de percussion (bras et jambes) et des parades. La plupart de ces techniques se trouvent dans les katas mais d’autres ont été découvertes ou ajoutées au fur et à mesure que le karaté s’ancra de plus en plus dans la position d’une discipline de percussion.

Mais qu’en est-il des projections ? Existent-elles en karaté à l’origine ? Dans ses différents livres, maître Gichin Funakoshi, l’architecte du karaté moderne et plus particulièrement de l’école shotokan, illustre et démontre huit projections. Il y explicite même pour certaines, qu’elles sont issues des katas. Ses élèves dans leurs livres, eux en revanche ne les mentionnent plus. Lire la suite

D’où viennent les katas heian ? – troisième partie

Kenwa Mabuni exécutant le kata bassai

Dans cette troisième et dernière partie concernant la création des katas pinan et heian, je propose d’analyser les cinq katas de base et de trouver les références dans les katas anciens afin d’établir une corrélation entre ces deux générations de katas.

Les katas de l’école shotokan ayant subi des transformations notables, il n’est pas toujours évident de retrouver la correspondance des mouvements dans les katas anciens, d’autant plus qu’il existe plusieurs versions de ces katas antiques en fonction des maitres et des régions d’Okinawa. C’est donc à partir des katas pinan que va porter mon analyse. Je donnerai aussi l’équivalent des noms japonais attribués par Gichin Funakoshi aux katas antiques. Lire la suite

D’où viennent les katas heian ? – deuxième partie

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Voici le deuxième article d’une série de trois qui concerne la création des katas pinan / heian.

Dans la première partie de cet article, nous avons vu le contexte socio-historique dans lequel Anko Itosu a créé les katas pinan aussi appelés heian dans certaines écoles, notamment les écoles shotokan et shotokai. Les idéogrammes que vous voyez sur la photo ci-dessus signifient « paix » et se prononce heian ou pinan, heian étant la prononciation japonaise. La semaine dernière un lecteur m’a orienté sur un blog où l’auteur fait remarquer qu’en chinois, les mêmes idéogrammes signifient quelque chose comme « reste en sécurité » ou « sois en sécurité ». Cette traduction chinoise est très intéressante quand on sait que les habitants d’Okinawa avait un lien très étroit avec la Chine, et notamment dans le domaine des arts martiaux. Lire la suite

D’où viennent les katas Heian ? – première partie

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Voici le premier article d’une série de trois concernant l’origine des katas pinan et heian.

Les katas de base, appelés heian dans l’école shotokan, doivent ce nom à celui qui a fait connaitre le karaté au Japon, avant que cet art ne s’exporte dans le monde entier, c’est à dire Gichin Funakoshi (1868-1957). Le nom d’origine de ces cinq katas de base était « pinan« . Heian et Pinan s’écrivent de la même manière, avec les mêmes idéogrammes 平安 mais heian est la prononciation japonaise et pinan la prononciation chinoise. Heian et Pinan ont donc la même signification, « paix, tranquilité », ce sont donc les katas de la paix ou de l’esprit tranquile.

Gichin Funakoshi change le nom des katas

Gichin Funakoshi, dans un contexte socio-politique où tout ce qui faisait référence à la Chine était mal vu, changea le nom des katas dont la prononciation était chinoise, pour leur donner une consonance japonaise. C’est ainsi que les katas pinan sont devenus les heian. En plus de ce changement de nom, Gichin Funakoshi modifia quelque peu la forme technique de ces katas pour les rendre plus athlétiques, en y ajoutant par exemple un saut dans heian godan. Il modifia aussi l’ordre des deux premiers pinan, le premier devenant heian nidan et le deuxième heian shodan. Ces katas sont aujourd’hui les premiers à être enseignés dans les styles issus du shorin-ryu tel que les écoles shotokan, wadoryu, shitoryu, etc. Mais comment ces katas ont-ils été créés et d’où nous viennent-ils ? Lire la suite

aikido – judo – karaté

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Le karaté, le judo, l’aikido, pour ne citer que quelques arts martiaux japonais sont, dans la version que l’on connait assez récents, environ une centaine d’années. Toutes ces disciplines ont pour origine des méthodes de combat qui sont bien sûr plus anciennes. Le judo et le karaté sont devenus en partie des sports grâce aux compétitions tandis que l’aikido reste globalement en marge de cette approche, même s’il existe des tentatives dans ce sens. Lire la suite

Arrêter la violence

 Les idéogrammes qui figurent sur la photo ci-dessus se lisent « budô », terme qui est souvent traduit par « arts martiaux » ou « voie du guerrier ». Le premier idéogramme qui se prononce bu ou mu, signifie la chose militaire ou la bravoure. Le second idéogramme représente le chemin, la voie, il se lit dô ou michi. C’est l’idéogramme utilisé pour écrire karate-do, aikido, judo, kendo, etc. C’est le même terme dô qui a été accolé au nom des différents arts martiaux, alors qu’ils étaient des « jutsu », des techniques de guerre, quand ils ont mutés pour devenir des arts de la paix et des outils de développement personnel.

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Heian-godan : où sont les kiai ?

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Un jour j’étais jury à un passage de ceinture noire. Un candidat, durant l’épreuve de kata, fait heian godan. A la fin de sa prestation, un membre du jury dit qu’il a fait une erreur, personnellement je n’en avais pas vu. Il me dit alors que le candidat s’est trompé dans le deuxième kiai, qu’il l’a fait au mauvais moment. Cette remarque m’a incité à faire une recherche pour savoir à quel moment est-il correct de réaliser le kiai.

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