Force et souplesse

La force et la souplesse sont deux qualités physiques mobilisées dans les différentes pratiques sportives et martiales. En karaté, en fonction des circonstances il est nécessaire d’être en capacité d’utiliser l’une et l’autre, ensemble, séparément ou alternativement en fonction des circonstances. Un style comme le goju-ryu, porte dans son nom l’idée que la force « go » et la souplesse « ju » ne peuvent être dissociées dans la pratique et le combat.

Je ne vais pas développer dans cet article les qualités physique de force et de souplesse, ni les moyens de les acquérir, vous trouverez cela sur beaucoup de sites dédiés à la préparation physique. Ce qui m’intéresse ici c’est d’analyser ce qu’on entend par force et souplesse et d’esquisser leurs places respectives dans les pratiques de karaté. Lire la suite

Apologie de la faiblesse

Maître Funakoshi aimait dire à ses jeunes étudiants karatékas qu’il leur fallait apprendre à être faible. C’était pour le maître une forme de provocation à l’égard de ces jeunes gens qui étaient venus apprendre le karaté dans le but de devenir forts. Il est vrai que lorsqu’on étudie l’art martial, on passe par une première phase où l’on a l’impression d’être fort. On a en effet apprit des techniques, on a renforcé le corps, on a trempé son tempérament au feu des combats. L’ego est valorisé et l’on est certain d’être devenu fort. Puis, après cette phase, vient celle de la prise de conscience. Il est indéniable que l’on a apprit beaucoup et que nos capacités physiques et techniques sont devenues importantes. Cependant, quand on prend conscience de ses défauts, de ses faiblesses, on s’aperçoit que les aspects négatifs sont bien plus importants que les points positifs. Avec cette conscience, on réalise que dans une confrontation nos chances de réussites sont très hasardeuses et qu’il n’est pas sûr que l’on soit en capacité de remporter une victoire tant on est loin de la vraie « réalisation ».
Finalement la remarque de maître Funakoshi peut éventuellement dire : « regarde tes faiblesses et tu sauras quel chemin emprunter pour les transformer positivement ou les éradiquer ». On peut mettre en relation maître Funakoshi avec le Taoïsme de Lao Tseu. Ce dernier écrit dans « Le livre de la voie et de la vertu » :

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Les sumos font pleurer les enfants

Voici un texte écrit pendant un séjour à Fukuoka dans le sud du Japon en juillet 2013.

Je suis arrivé à Fukuoka il y a quelques jours. C’est une ville qui se situe au sud du Japon sur l’île de kyûshû. Depuis ce jour, pour me rendre à la gare, je traverse un temple shinto, situé dans le quartier de Sumiyoshi. A chacune de mes visites le temple est calme et toujours bien entretenu. D’ailleurs chaque matin je croise une personne, probablement un prêtre, qui nettoie le sol avec un râteau fait de lamelles de bambou. En fonction de l’heure de mon passage, cette personne est plus ou moins avancée dans son travail. Ce qui m’impressionne c’est la surface qu’il y a à couvrir, et pourtant chaque matin, même le week-end, il s’adonne à cet entretien du temple. Lire la suite