Le kata me relie à l’humanité

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Les kata exécuté seul ou à plusieurs me relie à l’humanité. Le kata, forme codifiée où les mouvements s’enchainent les uns derrière les autres, sont souvent pratiqués seuls avant de les mettre en application avec un ou des partenaires. Ces formes qui contiennent des principes de combat ont été élaboré il y a plus ou moins longtemps, à une époque où savoir se défendre était une nécessité dans un environnement relativement hostile.Aujourd’hui nous pratiquons les katas, parfois sans en comprendre toute la profondeur, toute la teneur. Cependant, en l’exécutant un lien s’établit entre moi et son ou ses fondateurs ainsi que tous ceux qui s’y entraînent dans le monde, qu’ils soient vivants ou non.

Même exécuté dans la solitude et le silence d’un dojo, en extérieur ou bien visualisé dans ma tête durant un moment de repos ou dans les transports, quand je mobilise le kata, ses mouvements me connectent aux autres. C’est un peu comme une prière que l’on sait avoir été récitée et être récitée par d’autres.

Ainsi même si l’on peut croire que l’entraînement au kata est un acte solitaire, pour moi cela ne l’est pas. C’est pourquoi, même seul, je respecte aussi le protocole de salut au début et à la fin de l’exécution pour rendre hommage à ceux qui sont et qui ne sont plus alors que personne ne me regarde.

Je me sens dans mon kata comme un maillon d’une chaîne immense et invisible comme l’air que l’on respire tous sans se rendre compte que nous la partageons quotidiennement.


Ainsi, progresser dans le kata est pour moi aller au delà de la technique, au delà de la recherche d’efficacité ou de sens, même si ces éléments me semblent primordiaux et ne doivent pas être délaissés.

Le kata est une forme de méditation en mouvement qui à la fois me centre en me plaçant dans mon hara mais aussi me fait rayonner vers le monde extérieur. Pendant le temps de l’exécution je suis l’écrin de ce joyaux qui appartient à tous et à personne.

Faire un kata est donc pour moi une continuelle interaction entre l’intérieur et l’extérieur, une dialectique entre l’interne et de l’externe, entre le présent et le passé, entre moi et les autres, entre le mouvement et l’immobilité, entre moi et l’humanité.

Areski

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