Ne te compare pas !

Que ce soit dans la vie quotidienne ou à l’entraînement, nous avons souvent tendance à nous comparer aux autres. Cette attitude a des effets toxiques car elle nous dévalorise, nous fait perdre notre confiance en nous-même et peut même endommager les relations que l’on entretien avec les autres

A l’entraînement il ne sert à rien de se comparer avec les autres. Nous sommes tous différents et il est important de trouver ses propres repères et de progresser en fonction de soi, d’où l’on part et de ses capacités.

Que l’on estime que les autres réussissent mieux que nous ou que l’on pense être meilleurs qu’eux, dans les deux cas il s’agit d’une construction mentale, d’une émanation de l’ego. Donc, la comparaison développe notre ego alors que le but de l’entraînement est justement de s’en défaire, de ne pas en être dépendant, de le laisser à sa juste place.

En entrant dans le jeu de la comparaison, inconsciemment on adopte un rôle dans le triangle dramatique de Karpman (voir schéma ci-dessous). C’est à dire que l’on se situe soit en victime, en sauveur ou en persécuteur.

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Les caractéristiques que l’on retrouve dans le rôle de la victime sont :
– se plaindre de ne pas avoir de chance
– se plaindre de ne pas voir les qualités requises (pour faire un coup de pied, un kata, par exemple)
– croire que l’on nous en veut (personne ne veut travailler avec moi, je n’ai pas eu mon grade à cause du jury, etc.)
Cette attitude conduit à une perte d’estime de soi, de confiance en soi, alors que la pratique du karaté devrait nous conduire au résultat inverse.
Lorsque l’on joue la victime, on positionne les autres soit en situation de sauveur ou de persécuteur ou bien on les attire à soi et on finit par avoir de bonnes raisons de se plaindre.

Le sauveur lui cherche à plaire, il aime faire plaisir à tout le monde et à besoin de se prouver qu’il est utile aux autres.
A ce jeu, le sauveur risque d’attirer à lui les plaintifs et de s’épuiser avec des gens qui n’ont finalement au fond d’eux-même aucune envie d’être aidé car ils préfèrent rester dans le rôle qu’ils ont choisi.
Quand le sauveur s’aperçoit que les autres ne font pas d’effort, qu’ils ne s’améliorent pas, alors il peut se métamorphoser en persécuteur.

Le persécuteur aime avoir raison et prouver qu’il est le meilleur. Il aime la compétition et critiquer les autres ou bien en vouloir à quelqu’un. Il est content car il peut libérer son agressivité sur les autres.
Bien sûr, il n’existe que parce que les autres acceptent inconsciemment de jouer le rôle de victime.
En réalité le persécuteur a souvent une mauvaise image de lui-même et c’est pourquoi il cherche à dévaloriser les autres pour se rehausser. Il se peut aussi qu’il ai peur d’être la victime, rôle qu’il a déjà peut-être vécu par le passé, c’est pourquoi il adopte cette posture.

Chacun des trois acteurs du triangle dramatique tire inconsciemment des avantages de sa place. Chacune de ces positions n’est pas figée, une même personne peut à tour de rôle être victime, sauveur ou persécuteur.

Nous avons bien sûr besoin des autres pour nous entraîner mais il faut faire attention de ne pas entrer dans les rôles décris ci-dessus et en nous comparant c’est ce que nous risquons de faire de manière tout à fait inconsciente. Bien évidemment, cela vaut aussi en dehors de la salle d’entraînement.

Si vous êtes tenté de vous comparer, posez-vous la question si vous ne cherchez pas à tirer avantage d’une certaine manière de cette comparaison. En vous interrogeant, en prenant conscience de l’état d’esprit dans lequel vous vous placez, vous pourrez prendre conscience du cheminement dans lequel votre ego cherche à vous mener.

N’oubliez pas que tout est relatif, les qualités que vous voyez chez les autres, vous ne savez pas comment ils les ont acquises. Ce ne sont pas spécialement des qualités innées et il y a de fortes probabilités pour que ce soit le fruit d’un travail, qui peut s’étaler sur une longue période, des mois, des années.
D’autre part, vous avez aussi des capacités et qualités que les autres peuvent envier, aussi vous diminuer par rapport à eux, peut les mettre mal à l’aise et en se sens compliquer, dénaturer ou endommager vos relations.

En prenant un rôle, comme dans le triangle dramatique, finalement on se déresponsabilise en ne prenant pas complétement notre vie en main. Si vous estimez ne pas bien faire certains exercices ou certaines techniques, prenez-vous en main et travaillez pour réussir. Ce n’est certainement pas en enviant les autres ou en les dévalorisant que vous allez progresser.

Ceux qui arrivent à un haut niveau de maîtrise de leur art, ce n’est pas seulement parce qu’ils ont su travailler et développer leurs qualités. C’est surtout parce qu’ils ont aussi su tirer partie de leurs défauts ou de leurs handicap en réfléchissant à la façon d’adapter leur pratique en fonction de leurs points forts et de leurs points faibles. Vous pouvez faire de même en croyant en vous.

Areski

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