Leçon de japonais n°1

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La prononciation

Beaucoup de pratiquants de karaté sont perdus avec la terminologie japonaise. Ils ne savent pas comment prononcer le nom des techniques ou des katas et la signification des mots utilisés est obscure voir inconnue. Les arts martiaux sont une porte d’entrée dans la culture japonaise et sa langue pour peu qu’on s’y intéresse. Il n’est bien sûr pas indispensable de passer par ce cheminement de découverte culturelle et linguistique, voire historique, pour bien pratiquer le karaté. Cependant, pour les curieux qui aiment ouvrir des portes et voir ce qui s’y trouve derrière, ces connaissances peuvent les aider à mieux apprécier leur discipline et la comprendre tout en s’enrichissant.

Je vous propose donc une série d’articles sur la langue japonaise. Lorsqu’on étudie une langue, on approche aussi la culture qui s’y rattache. Je vais axer ces « leçons’ de japonais à la pratique du karaté et sa terminologie. Le but n’est pas de vous faire parler japonais, il existe pour cela de nombreuses méthodes efficaces, mais de vous guider vers une compréhension de la langue japonaise dans le monde des arts martiaux.

Au fur et à mesure des articles, n’hésitez pas à me demander si vous souhaitez que je j’aborde un thème particulier. Si je me sens la compétence de le traiter sous la forme d’un article, je le ferais volontiers… laissez-moi juste un peu de temps.

 Ce premier article est consacré à la prononciation. Le japonais ne s’écrivant pas avec notre alphabet romain, il était nécessaire d’adopter une convention d’écriture pour transposer les sons de la langue japonaise dans une écriture qui nous est accessible. Il s’agit donc de transcrire une phonétique et à cet égard il y a plusieurs méthodes possibles, les plus connues sont les méthodes Hepburn et Kunrei. Je vous propose d’utiliser la première. Cette méthode a été proposée en 1887 par un missionnaire américain James Curtis Hepburn. Lorsque vous lisez des termes japonais dans la grande majorité des livres de karaté, c’est cette romanisation qui est utilisée.

 Les mots japonais sont faciles à prononcer pour un francophone. En japonais il y a un nombre assez limité des sons. Derrière une consonne il y a toujours une voyelle. En revanche, pour un japonais, prononcer les mots français est extrêmement difficile car ils ne savent pas faire suivre deux consonnes, et certains de nos sons n’existant pas dans leur langue, c’est pour eux une véritable torture que de les faire sortir de leur bouche. Ainsi, des mots comme « transmettre » ou « invraisemblable » sont des casse-voix pour eux.

Les règles de lecture de la méthode Hepburn sont simples. Contrairement à la langue française où beaucoup de lettres sont muettes, dans cette méthode elles sont toutes prononcées. En japonais il n’y a pas de séparation entre les mots avec l’utilisation des espaces comme dans les langues occidentales. C’est pourquoi on peut voir des transcription très diverses des mots japonais avec l’utilisation d’espace ou de tiret. Par exemple karatedô, karate-dô, karate dô, toutes ces transcriptions sont acceptables.

LES VOYELLES

Il y a cinq voyelles en japonais, elles sont transcrites de la manière suivante dans la méthode hepburn : A, I, U, E, O. Les sons japonais sont toujours présentés dans cet ordre, c’est en quelque sorte l’ordre alphabétique japonais, celui qui sert à faire des recherches dans les tables de matière ou dictionnaire.

le A, I et O se prononcent comme en français.
A comme dans arbre,
I comme dans idéal,
O comme dans original

Le E se prononcé « é » comme dans été.
Le U est assez proche du « ou » comme dans ouragan, mais il a tendance à être prononcé entre le « ou » et le « eu ».

Lorsque deux consonnes se suivent comme dans « AI », comme dans aikidô, les deux lettres ne se combinent pas comme en français mais sont prononcées l’une et l’autre, le A et le I, donc « a-i » et non pas « é ».

Lorsque le son des voyelles et prolongé il y a deux transcriptions possibles. Soit on met une barre dessus ou un accent circonflexe, soit on double l’écriture de la voyelle. Dans les articles j’utiliserais la convention avec l’accent circonflexe qui me semble plus facile à lire pour les personnes n’étudiant pas le japonais.
Le son Ô se prononce « oo », ainsi dans karate-, se lit « doo ». Cette nuance est souvent perdue quand les mots japonais sont francisés, comme le terme judo devrait s’écrire jûdô, avec une prolongation des voyelles u et o, soit en lecture française « djuudoo » ou encore le nom de la ville de tokyo qui devrait être retranscrite de la manière suivante tôkyô et se lire « tookyoo ».

LES CONSONNES

Les consonnes de la langue japonaise sont associées aux voyelles. Il n’y a pas de consonne isolée. Ci-dessous est représenté un tableau avec les sons de la langue japonaise. Nous verrons dans un prochain article sur l’écriture comment ces sons sont représentés graphiquement. Les lettres en majuscule représentent la romanisation avec les système Hepburn et les lettres en minuscules mis entre paranthèses sont une transcription phonétique en lecture française.

A
I
U
E
O
A (a) I (i) U (ou) E (é) O (o)
KA (ka) KI (ki) KU (kou) KE () KO (ko)
SA (sa) SHI (chi) SU (sou) SE () SO (so)
TA (ta) CHI (tchi) TSU (tsou) TE () TO (to)
NA (na) NI (ni) NU (nou) NE () NO (no)
HA (h’a) HI (h’i) FU, HU (fh’ou) HE (h’é) HO (h’o)
MA (ma) MI (mi) MU (mou) ME () MO (mo)
YA (ya) YU (you) YO (yo)
RA (la) RI (li) RU (lou) RE () RO (lo)
WA (oua)
GA (ga) GI (gui) GU (gou) GE (gué) GO (go)
ZA (za) JI (dji) ZU (zou) ZE () ZO (zo)
DA (da) DI, DJI = JI DU, DZU = ZU DE () DO (do)
BA (ba) BI (bi) BU (bou) BE () BO (bo)
PA (pa) PI (pi) PU (pou) PE () PO (po)
N (n) Le N final ne se trouve qu’à la fin des syllabes.

F et V ne sont utilisés que pour les mots étrangers à l’exception du son FU qui s’apparente au son HU.

Le S donne toujours le son « s ». Les sons possibles avec S sont en association avec les voyelles : SA, SHI, SU, SE se prononce « sé » , SO. le son « si » n’existe pas.

La transcription CH comme dans chûdan qui signifie « niveau moyen », se prononce « tch » comme dans Tchécoslovaquie.

Le J se prononce comme s’il y avait un « d » devant, ainsi JU se lit « dju » et JI « ji ». Donc jôdan se lit « djoodan » et signifie « niveau haut ».

Le son G, se prononce toujours comme dans guitare, même s’il y a une voyelle qui suit. Ainsi le mouvement age uke se prononce « agué ouké », mae geri « maé guéri ».

Le son H est toujours expiré comme en anglais. Ainsi haka et aka sont deux mots différents à la prononciation différente. Haka veut dire « tombe, cimetière » tandis que aka signifie « rouge ».

Le R se prononce plus comme un « L ». ainsi ryu se prononce « lyou » et karate « kalaté ».

Le W se prononce comme en anglais et non pas « v ». Ainsi dans wadô-ryû, le style de karaté créé par Hironori Otsuka (1892 – 1982), WADÔ se lit « ouadoo » et signifie la voix de la paix.

FU se prononce un peu comme « hu ». Il s’agit d’un son entre le « f » et le « h » aspiré.

Les consonnes sont parfois doublées. Dans ce cas la prononciation se fait en prononçant deux fois la consonne avec un court temps d’arrêt entre les deux, un peu comme le « t » dans « At…tchoum ! ».

Le doublement peut se faire avec les consonnes BB, CC, DD, FF, GG, HH, JJ, KK, PP, RR, SS, TT, VV et ZZ.

LES SONS INCONNUS

Les sons suivants n’existent pas en japonais : SI, TI, TU, ZI, DI et DU. Certains sons ont été ajoutés pour permettre la prononciation des mots étrangers.

QUELQUES EXEMPLES DE PRONONCIATION

Voici quelques termes utilisés en karaté écrits avec la méthode Hepburn et leur transcription phonétique en français.

mawashi geri / « mawashi guéri » / coup de pied de face
age uke / « agué ouké » / parade en remontant
yoi / « yo-i », prononcer le « yo » puis le « i » / soyez prêt
shôtôkan / « shootoo-ka-n », prononcer le son « n » à la fin et non pas « an » comme « en » à la française. Remarquez que le son des voylles O sont prolongées Ô et se lisent donc « oo ».
arigatô / « aligatoo » / merci
sumimasen / « sumimassen » / pardon
uchi uke / « ouchi ouké » / parade de l’intérieur vers l’extérieur
heian shodan / « hé-i-a-n shoda-n » / premier kata de la paix
pinan / « pi-n-a-n » / paix, ancienne prononciation des katas heian

Ce premier article assez technique sur la prononciation peut être un peu ardu et complexe mais néanmoins nécessaire pour prononcer au mieux les termes japonais. Avec quelques efforts au début vous progresserez rapidement dans la prononciation et vous vous habituerez à la lecture correcte de la transcription des sons japonais.

Areski

 

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