Faire l’expérience

dessert vanille et caramel equinoxe de cyril lignac

Nous voici en début de saison et il est donc courant que des personnes viennent se renseigner sur la pratique de notre discipline. Certains sont prêts à essayer, à enfiler une tenue de sport et fouler le tatamis, d’autres préfèrent rester en retrait et regarder la séance. Il y a cependant une différence entre regarder et pratiquer, tout comme admirer un met et le goûter.Assister à une séance sur le bord du tatamis, c’est conserver une distance qui permet l’analyse. Le spectateur va regarder les pratiquants se mettre en mouvement, parfois en difficulté. Il verra ceux qui réussissent à faire comme le professeur ou non. D’ailleurs la démonstration de ce dernier semble si facile, il fait les mouvements avec tant d’aisance que c’est trompeur. Le spectateur ne se rend pas compte que la fluidité et la maîtrise démontrée sont le fruit de nombreuses années de pratique. En effet, plus une gestuelle est maitrisée plus elle semble simple et facile à réaliser pour le spectateur. Quand on assiste à un spectacle de cirque, l’acrobate ou le funambule réalise son numéro avec sourire, cela à l’air si facile.

Le spectateur ne peut donc pas se rendre compte de ce que vivent les participants durant le cours. Ce n’est qu’en faisant l’expérience qu’il sortira de l’analyse faisant appel à son mental pour entrer dans la dimension du corps, des sensations et des émotions. Même s’il n’arrive pas à réaliser les exercices correctement, même si ses mouvements peuvent être gauches, il ressentira le plaisir de vivre une séance de karaté. Même s’il ne sait pas comment le plat a été confectionné, il peut emplir son palais de saveurs, il fait l’expérience du goût et c’est ce processus qui est intéressant à vivre.

Je pense qu’une seule expérience d’entraînement vaut mieux que de d’assister à plusieurs cours en tant que spectateur. Regarder c’est facile, pratiquer c’est autre chose. Parfois des parents qui assistent à une séance ne supportent pas que leur enfant ne fasse pas ce que le professeur demande. A leurs yeux c’est si facile, pourquoi leur enfant ne fait pas de même ? Certains de ces parents, incapables de se maîtriser, de supporter voir leur enfant en échec, interviennent durant le cours pour le guider vers la bonne façon de faire. Ils pensent ainsi aider leur enfant mais en fait ils interviennent en plein milieu de l’expérience vécue. Ils ne permettent pas à l’enfant de faire des erreurs et d’y remédier. En effet, faire l’expérience du karaté c’est aussi se confronter aux erreurs et progressivement trouver des solutions pour réaliser l’exercice demandé. Probablement que ces mêmes parents s’ils étaient en train de pratiquer sur le tatami ne seraient pas en mesure de mieux faire que leur enfant car comprendre avec la tête est une chose, comprendre avec son corps en est une autre.

La pratique, que l’on soit un pratiquant débutant ou avancé est une succession d’expériences. Chacune d’elle est différente et unique. On ne ressent jamais deux fois la même chose lors de l’entraînement, même si l’on réalise le même exercice, le même mouvement, le même kata. Chaque expérience est une leçon de vie qui demande de l’humilité, de la volonté, de la rigueur, une prise de risque. Il s’agit à chaque fois de faire un pas, pour avancer. On ne peut pas marcher si on ne prend pas le risque du déséquilibre en avant, le mouvement dans la vie comme dans l’apprentissage du karaté implique que l’on accepte de se mettre un peu en danger à chaque instant. Cette prise de risque fait partie de l’expérience et lui donne toute sa saveur.

On peut bien sûr utiliser des vidéos, lire des livres mais tout cela n’apporte pas grand chose si l’on n’expérimente pas le karaté. La pratique se fait avec le corps et la tête, le but étant de créer l’unité entre ces deux sphères. Même si l’on fait des erreurs, même si nous ne sommes pas satisfaits de nos résultats, même si la technique effectuée est très différente du modèle, c’est en pratiquant que l’on avance et que l’on progresse. Rien ne peut remplacer la pratique et la présence à ses côtés de partenaires et d’un professeur qualifié.

Si vous n’avez pas encore goûté au karaté, tentez l’expérience !

Areski

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