Comprendre les katas

Aujourd’hui s’est déroulé le dernier ATELIER KARATE de la saison sur le thème suivant : comprendre la codification des katas. Le thème est assez ambitieux et le traiter en 2h30 une gageure. La plupart des participants avait déjà lu mon livre « bunkai, l’art de décoder les katas » paru aux éditions budo, il n’était donc pas question pour moi d’en reprendre le contenu, notamment pour expliciter les clés d’analyse et les critères d’évaluation des bunkais.

Le but du stage était donc d’aller un peu plus loin que le contenu du livre en donnant des outils opérationnels que les participants pourront s’approprier et affiner ultérieurement.Le kata contient une somme inconsidérable de recherches, c’est souvent le fruit d’une vie d’expérience axée sur le combat. On ne sait pas grand chose sur la façon dont il a été élaboré ni par qui. Il semble néanmoins logique qu’un combattant expérimenté a découvert des principes qui permettent de mieux appréhender un conflit physique ainsi que des moyens de mettre en oeuvre ces principes, ce qu’on appelle aujourd’hui des techniques. Puisque le combat peut se dérouler de différentes manières, à différentes distances, contre une personne armée ou non, ce combattant a envisagé les différents types d’agressions qui pouvaient statistiquement arriver. Toute cette expérience est donc codifiée de manière rigoureuse dans les katas. Il faut donc voir dans les techniques une illustration des principes de combat utilisables lors d’une agression, ces mêmes principes auraient pu être exprimés par d’autres mouvements ou techniques.

Ce préalable étant posé, il faut être conscient que ce qui nous entrave dans la recherche de bunkai est souvent ce que l’on sait. Notre savoir peut parfois être un frein à la progression car nous avons une vision erronée ou tronquée des choses. Pour aborder le travail d’analyse d’un katat, bunkai en japonais, il faut sortir des catégorisations (karaté, aikido, judo, etc.) et des dénominations techniques (oi-zuki, gedan-barai, etc.), il faut penser combat et rien que combat, c’est à dire un univers où seule la survie importe.

Ainsi, durant ce séminaire nous sommes parti de situations de combat dans laquelle le défenseur cherchait à déstructurer et déséquilibrer l’attaquant pour qu’il ne puisse plus attaquer. Puis nous nous sommes exercés à voir dans les solutions trouvées des mouvements ou des techniques référencés dans les katas. Le but était ici d’exercer la façon de voir et d’analyser des situations de combat pour faire des corrélations avec les katas.

La deuxième phase du séminaire consistait à analyser une technique de base du point sous différents points de vue. Les participants ont ainsi cherchés comme un gedan-barai pouvait permettre de se défendre contre une saisie au col, au poignet, un coup de poing circulaire, un coup de pied, etc. Le but n’était pas d’être exhaustif mais d’apprendre à analyser un mouvement en utilisant tous ses aspects en terme de trajectoire pour déstructurer, déséquilibrer ou frapper.

Dans la troisième partie du séminaire nous avons travaillé sur les principes en cherchant différents moyens de les mettre en pratique. Les stagiaires ont ensuite formalisé ces solutions en techniques de leur cru puis les ont présenté aux autres participants, d’abord dans le vide puis ensuite en démontrant l’application avec un partenaire.

Nous aurions pu aller plus loin encore mais le temps arrivait à son terme. Néanmoins, les participants on pu vivre la genèse des techniques et des katas en étant créatifs et en cherchant, à partir de leurs propres expériences de situations défensives, la richesse des techniques du karaté.

Je remercie tous les participants pour la qualité de leur participation et les moments de partage qui ont permis à chacun de d’apprendre un peu plus. Pour ma part je suis sorti grandi de cette expérience, les participants ont trouvé des solutions que je n’avais jamais envisagées dans certaines situations de combat.

Le karaté, comme les autres arts martiaux, peuvent nous enfermer et nous aliéner, ou bien au contraire, nous ouvrir et nous rendre libre. Tout dépend de la façon dont ont pratique et de l’enseignement dispensé. De la même manière les katas peuvent être des outils d’épanouissement s’ils sont abordés dans le bon sens.

Areski

PS : voir rubrique stage pour les séminaires d’été (début juillet et début septembre)
Les dates des ATELIERS KARATE 2018-2019 seront donnés à la rentrée fin septembre.

Publications : rubrique livres

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