L’individu avant tout !

Maçon à Quebec poseur de brique Maçonnerie Boréal

Il m’est arrivé maintes fois d’entendre des pratiquants ou ex-pratiquants parler du karaté et de me demander s’il s’agissait du même karaté dont je fais l’expérience quotidiennement tellement leur univers me paraissait lointain.

Le ressentit que chacun a de sa pratique est bien évidemment très subjectif puisqu’il s’agit d’une expérience personnelle, il est donc tout à fait compréhensible qu’avec le même entraînement, les mêmes techniques, les mêmes expériences, chaque individu en tirera des impressions personnelles très différentes.

C’est vrai aussi qu’il existe plusieurs écoles de karaté mais si, souvent, celles-ci mettent en avant leurs différences, il faut se rendre à l’évidence qu’il y a tout de même plus de points communs entre-elles.

Le ressenti que je peux avoir concernant une pratique différente des autres n’est probablement pas essentiellement une question de forme, mais à peut-être plus à voir avec la façon de vivre ma pratique. En fait, le karaté n’est qu’une enveloppe, c’est l’individu qui lui donne vie, le fait grandir et évoluer. Si nous sommes nombreux à pratiquer une même forme, la façon de la vivre, la façon de l’investir, la façon de la nourrir diffère nécessairement d’une personne à une autre car nous sommes tous uniques.

Donc l’art martial, en ce qui nous concerne ici le karaté, peut être apparenté à une maison. Ce sont les habitants qui lui donnent vie et peuvent la personnaliser en fonction de leur sensibilité. Pour se rendre compte de la façon dont une maison est agencée, il faut pouvoir y entrer pour la visiter. Si avec un regard extérieur le karaté peut-être techniquement assez semblable entre deux pratiquants , il est probable qu’en pratiquant avec eux on puisse ressentir une différence dans la façon dont le corps enveloppe et incarne cette pratique.

La richesse des arts martiaux, donc du karaté, ne réside selon moi pas tant dans l’exposition des techniques, selon le répertoire de katas, de coups de pieds etc. mais dans la valeur de la personne qui pratique. Le karaté se nourrit à la fois d’apports extérieur, dans la construction technique, un peu comme on ajoute les briques les unes aux autres pour construire une maison, mais il se nourrit aussi par le développement personnel de l’individu. C’est pourquoi, même avec la même technique, une même personne vit son karaté de manière différente au fil des années qui passent. Cela suppose bien-sûr qu’il s’investisse pour faire que chaque instant de sa vie devienne un instant de karaté. Il arrive alors un moment où la forme extérieure subisse l’influence des mouvements intérieurs, la technique, les mouvements prennent une coloration personnelle et l’observateur peut se rendre compte du caractère original du pratiquant. Ce dernier ne cherche pas à modifier la technique mais celle-ci évolue en s’harmonisant avec le fond, c’est à dire l’essence même de l’individu.

Si tous les être humains se ressemblent, ont les mêmes caractéristiques, ils sont aussi différents, sinon nous ne serions que des clones. Il en est de même pour le karaté, les pratiques sont à la fois semblables et différentes. Cependant, la différence de vécu est de loin bien plus grande que la forme. Si la forme a des limitations, notamment liées à l’âge, les capacités physiques, ce n’est pas le cas pour le développement intérieur qui peut se faire tout au long de la vie. Quand l’externe et l’interne se marient, l’individu se met en cohérence, presque en transparence et il est possible pour l’observateur extérieur d’apprécier la singularité de pratiquant.

Areski

 

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