L’entraînement régulier

Résultat de recherche d'images pour "entraînement"

Ce n’est pas notre tête qui apprend, c’est notre corps. C’est pourquoi un entraînement régulier, constant, est nécessaire. Je suis entrain d’énoncer une lapalissade, une évidence me direz-vous, et pourtant je ne suis pas sûr beaucoup de pratiquants comprennent réellement que c’est par le corps que l’art martial doit s’apprendre. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas réfléchir, ni analyser sa pratique, bien au contraire, mais il faut aboutir à ce que le corps intègre profondément l’apprentissage.Nous vivons dans une société où le corps a tendance à être oublié si ce n’est méprisé. Il y a bien sûr l’héritage des religions qui nous apprennent que l’on ne peut accéder à dieu qu’en niant son corps. C’est ainsi qu’il faut renoncer aux plaisirs charnels, à la sexualité en particulier, qu’il faut jeûner, et même parfois infliger de la souffrance au corps pour l’affaiblir afin de faire plus de place à la spiritualité et à l’âme. Et puis il y a eu le dualisme de Descartes où corps et esprit sont distincts.

Nous avons bien sûr besoin du corps et de l’esprit, car les deux fonctionnent ensemble et ne peuvent être dissociés. En ce qui nous concerne, dans les arts martiaux, il nous importe d’éduquer l’ensemble de notre être pour qu’il puisse agir en cas de situation de conflit ou de survie. Dans ces situations, notre capacité de réflexion sera limitée, voir même très limitée. C’est pourquoi il faut que notre corps intègre les techniques, les principes et sache donc comment agir et réagir.

Le problème c’est que le corps apprend moins vite que le cerveau, il a besoin de faire des expériences concrètes et de répéter des situations pour intégrer des schémas moteurs opérants. Et pour arriver à cela rien de tel que l’entraînement.

En tant qu’enseignant j’ai rencontré maintes fois des pratiquants impatients qui après avoir répété un exercice dix fois pensent qu’ils « connaissent » et qui demandent la suite du menu, comme au restaurant. Ils pensent que comme leur cerveau a bien compris ce qu’il fallait faire, leur corps aussi. Cependant à les voir travailler, il est évident que le corps n’a pas encore intégré tous les paramètres techniques et tactiques, qu’ils ne maîtrisent pas leur corps et qu’ils n’ont souvent pas conscience de la position de celui-ci dans l’espace.

Il nous faut donc s’entraîner pour intégrer à la fois des mécanismes de fonctionnement pour se défendre tout en apportant plus de conscience dans ce que nous faisons. Il n’est pas utile de s’entraîner beaucoup en une seule fois. Il est préférable de répartir son entraînement de manière régulière tout au long de la semaine, de l’année. L’idéal est de s’entraîner tous le jours, un petit peu.

Vous êtes bien sûr dépendant des horaires et de jours d’entraînement que propose votre club. De plus vous avez aussi des contraintes professionnelles et familiales qui vous empêchent d’aller à l’entrainement. Ce sont des obstacles qui ne sont pas insurmontables, vous pouvez intégrer des moments de pratique dans votre quotidien. Prenez cinq à dix minutes pour pratiquer quelques techniques ou un kata. Profitez des moment d’attente pour travailler votre respiration, pour prendre conscience des zones qui sont en tension afin de les décontracter. Plus vous vous entraînerez, plus votre corps deviendra sensible aux sollicitations, il apprendra de plus en plus facilement car vous aurez appris à mieux le maitriser en le connaissant mieux. Faites des choses simples mais régulièrement et souvent.

Même si vous comprenez vite ce que vous devez faire dans un exercice, atteindre une maitrise corporelle prend plus de temps. Mais le temps que vous passez à éduquer en profondeur votre corps, vous ouvre la porte à d’autres dimensions de vous même. Le travail sur le corps à travers l’entraînement vous ancre dans l’instant présent, il s’agit donc aussi d’un véritable travail sur l’ego. Quand le corps ne répond pas à vos sollicitations, à vos exigences, c’est souvent que la méthode utilisée n’est pas la bonne ou qu’elle est trop brusque. Quand on aborde quelque chose de nouveau, il est souvent préférable de passer par une appropriation de la tâche par le biais d’un travail en lenteur. Il ne sert à rien d’accélérer, d’aller vite, si on ne réussit pas la gestuelle au ralenti. Quand le confort s’installe par la répétition, que la confiance s’installe dans vos muscles, vos cellules, alors sans vous en rendre compte vous allez pratiquer un peu plus vite et ainsi de suite. La vitesse devient alors simplement l’expression de votre maitrise gestuelle.

Areski

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *