Faut-il suivre son instinct ?

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L’instinct fait référence à nos comportements innés et héréditaires. On connait bien l’instinct des animaux qui guide en grande partie leurs actions, leurs choix. Quelle nourriture manger ? Quand se reproduire ? Où aller ? Les exemples sont nombreux. Concernant l’homme, la notion d’instinct est parfois mis en valeur, comme si c’était un aspect de notre personnalité qui hélas se perdrait à cause de notre façon de vivre qui nous éloignerait des comportements naturels qui seraient bénéfiques pour nous, comme par exemple ce qu’il faudrait manger pour rester en bonne santé. Parfois l’instinct est diabolisé, on nous compare alors aux animaux qui n’ont pas d’éducation ni de civilisation, nous ne devrions pas suivre nos instincts car ils nous rendraient bestiaux (ce n’est pas gentil pour nos amis les bêtes…). Alors que devons-nous faire de nos instincts, les rejeter ou les utiliser ?

Comme on vient de le voir dans cette introduction, l’instinct semble s’opposer à l’éducation. C’est donc l’éternel début de l’acquis et de l’inné. Pourtant on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas d’opposition entre ces deux notions mais une imbrication subtile et complexe. L’inné et l’acquis coexistent dans nos actions quotidiennes, parfois pour agir en synergie, parfois l’un prend le dessus sur l’autre, et bien sûr  il peut y avoir des conflits entre ces deux aspects.

Le propos de cet article n’est pas un exposé scientifique sur l’étiologie ou la psychologie, mais de mieux nous connaître pour ne pas être surpris lors d’une confrontation, comme une agression par exemple, ou dans d’autres situations de stress qui pourraient nous être fatales quand on parle de survie.

Nous avons tous un instinct de vie ou de survie. Notre cerveau reptilien est là pour notre survie et en cas de stress important, notre cortex s’éteindra pour lui laisser les manettes. Mais si nous avons tous un instinct de préservation, de survie, nous n’avons pas tous les mêmes réactions. Nous savons aujourd’hui que face à une agression, instinctivement il y a trois réactions possibles : le combat, la fuite, l’immobilisme ou paralysie. Il est donc important d’identifier quelle est notre nature. Sommes-nous naturellement enclin à combattre, fuir ou faire le mort ? Si nous ne sommes pas en mesure de répondre honnêtement à cette question, il sera difficile d’élaborer une éducation de notre comportement pour contrebalancer notre nature profonde.

Pour connaître notre nature comportementale en cas d’agression il faut se remémorer de plusieurs situations de danger ou de fort stress dans notre histoire, si possible quand on était enfant ou assez jeune, c’est-à-dire à une époque où nous n’avions pas mis en place de stratégie ou d’éducation comportementale pour contrebalancer notre nature profonde.

Quand nous savons quelle sera la réponse de notre cerveau reptilien à une agression ou un stress important, on peut mettre en place une éducation qui constituera notre caractère. C’est ce que proposent de manière générale tous les arts martiaux, une éducation au combat. Le problème c’est que cette éducation est aujourd’hui standard alors que nous avons individuellement des besoins spécifiques en fonction de notre nature. Les techniques apprises ne permettent pas d’apprendre à se défendre si nous sommes envahis par le stress et laissons le cerveau reptilien prendre les commandes. Tous ce que nous apprenons, toute notre éducation sont localisés dans notre cortex cérébral et celui-ci s’éteindra en cas de stress. Il faut donc s’entraîner à détecter les signes annonciateurs du stress et apprendre à le gérer avant qu’il ne nous submerge. Normalement c’est ce que l’entraînement doit nous aider à faire. Si nous savons identifier le stress lors d’un conflit et le gérer, nos techniques seront utilisables. Notre éducation martiale sera alors utile et précieuse. Dans le cas contraire, c’est notre nature profonde qui dictera notre conduite et nous n’aurons plus de maîtrise consciente sur nos actes, comme nous l’avons vu au début de cet article nous réagirons de trois manière possibles : le combat, la fuite, l’immobilisme.

Ainsi, il est important dans notre entraînement mais aussi dans la vie quotidienne d’identifier notre niveau de stress. Quand ce niveau est faible cela peut être un stimulant. On connait bien le trac des acteurs avant de monter en scène. Ce trac qui est un stress est nécessaire, il permet à l’acteur de se concentrer sur ce qu’il doit faire, d’être présent, de se centrer. En revanche, si le trac est trop important, l’acteur perd ses moyens et c’est la catastrophe, il oublie son texte et tout ce qu’il doit faire alors qu’il a répété des heures et des heures. On connait le même phénomène en ce qui concerne les examens. C’est pourquoi on parle parfois de bon et de mauvais stress. Le bon stress nous permet de nous surpasser, le mauvais met en échecs tout ce que l’on a préparé et chroniquement nous amène aussi à fragiliser notre état de santé physique et mental.

Ainsi, un entraînement axé uniquement sur l’apprentissage technique n’est pas suffisant pour préparer à l’éventualité du combat de survie. Une éducation à la gestion de stress permet de mieux connaître nos limites et de les repousser pour rester dans une zone de maitrise de soi en situation extrême. C’est parfois au détour d’autres disciplines que l’on peut tester notre réaction aux situations de peur, en faisant de l’escalade, du parapente, du parachutisme, etc. Mais si ces situations peuvent nous confronter au stress intense, elles ne nous apprennent pas à le gérer.

Apprendre à gérer notre stress passe par une attention particulière de notre état, il est bon de s’y entraîner à tout moment de la journée. Sentir a quel moment le stress s’accumule afin d’agir en amont pour qu’il ne nous submerge pas. C’est ensuite par une éducation de la respiration que nous allons pouvoir gérer ce qui se passe à l’intérieur de nous avant d’atteindre la limite qui nous fait basculer dans un état où notre entraînement et notre éducation deviennent non opérationnels.

Areski

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