Méthode globale ou analytique ?

En pédagogie il existe plusieurs approches possibles, parmi celles-ci on distingue deux méthodes que l’on oppose souvent l’une à l’autre, globale et analytique. Quelle est la meilleure de ces deux façons de faire pour enseigner avec efficacité. Commençons d’abord par définir ces deux méthodes.

La méthode globale consiste aborder l’enseignement d’un geste technique sans entrer dans le détail. On met l’apprenant en situation, par exemple toucher une cible avec le pied. Le professeur peut montrer le mouvement pour que l’élève le reproduise ou bien aménager l’environnement ou l’espace de travail pour faire découvrir la technique ou bien la perfectionner. Dans la méthode globale l’exécutant a une vision assez concrète du but à réaliser, ici en l’occurrence toucher la cible avec le pied selon les modalités définies par l’enseignant. En revanche, l’élève n’a pas une connaissance précise du mouvement à exécuter, surtout s’il est débutant. En travaillant le geste dans la globalité, il y a continuité du mouvement mais la trajectoire peut manquer de définition, l’élève peut se satisfaire de toucher la cible, puisque c’est le but demander, mais négliger des points clés qui permettraient de parfaire sa technique.

La méthode analytique cherche à entrer dans les détails d’une gestuelle. Un mouvement est séquencé en plusieurs phases, si l’on prend l’exemple d’un coup de pied on peut par exemple en identifier quatre : la préparation du genou, la détente de la jambe, le retour de la jambe, le retour du pied au sol. Dans la méthode analytique, on va donc étudier de manière séquentiel le coup de pied en fragmentant le mouvement en parties qui seront travaillées indépendamment. Le séquençage d’une technique doit être pertinent pour mettre à profit cette méthode qui permet donc d’entrer dans des détails subtils de la technique et d’améliorer des aspects de celle-ci qui pourraient être noyées ou passer inaperçues dans une approche globale. L’approche analytique utilisée à outrance peut faire perdre de vue la finalité du mouvement. Quand elle est utilisée dans l’étude des katas en travaillant séparément une à trois techniques de celui-ci, on peut passer des semaines, des mois à étudier des petits morceaux de kata sans jamais l’apprendre dans sa globalité. On améliore alors les mouvements du katas mais en perdant de vue qu’il s’agit aussi d’un tout, on ne perfectionne pas toujours l’exécution globale du kata.

On a tendance à tendance à opposer les deux méthodes, ce qui est bien sûr une erreur. Pour le pédagogue il s’agit plutôt de savoir à quelle moment utiliser l’une ou l’autre et c’est souvent par des allers retours entre l’une et l’autre qu’un équilibre peut être trouvé entre globalité du mouvement et précision dans le détail.

D’une manière générale on peut dire qu’il est préférable pour un public peu expérimenté de s’en tenir à la méthode globale. Le pratiquant appréhende ainsi la technique ou le kata dans sa globalité et ne se déconnecte pas de l’objectif principal, toucher avec le pied ou le poing, connaître l’ensemble du kata par exemple. Chez ce public l’usage de l’approche analytique se fera avec parcimonie mais n’est pas exclu bien entendu.

La méthode analytique permettant d’affiner l’exécution dans le détail permet de perfectionner le geste. Elle sera donc un atout majeur pour aider les pratiquants avancés qui buttent un aspect spécifique et qu’ils ont besoin de modifier. Mais attention, rester trop longtemps à perfectionner un détails, comme je l’ai écris précédemment, finit par nous éloigner de la finalité initiale de la technique. Il est alors nécessaire de revenir au mouvement dans sa globalité.

Qu’il s’agisse de la méthode globale ou analytique, les deux ont leur place dans l’arsenal pédagogique. Il s’agit d’utiliser chacune des deux méthodes de manière judicieuse en fonction du public et des objectifs visés. Elles sont complémentaires et on peut, dans une même séance, passer de l’une à l’autre. Il faut garder à l’esprit que la méthode globale tend à renforcer la motivation chez le pratiquant qui comprend pourquoi il fait les choses car il visualise la finalité du mouvement, de l’exercice ou du kata. La méthode analytique quant-à-elle, tend à démotiver car le sujet perd de vue l’objectif principal de ce qu’il fait. L’enseignant de karaté a donc en main deux approches qu’il doit manier avec circonspection et justesse pour trouver un équilibre dans son enseignement afin de faire progresser au mieux les élèves qui viennent s’inscrire dans son club.

En ce qui vous concerne, quelle méthode préférez-vous en tant que pratiquant ? Et vous les enseignants, quel usage faites-vous de ces deux approches dans vos cours ? N’hésitez pas à réagir.

Areski

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