Yoshitaka TAIRA

 

Aujourd’hui je souhaite écrire sur Yoshitaka Taira sensei. Vous aurez l’occasion de pratiquer avec lui lors du stage exceptionnel qui se déroulera à Malakoff le 2 et 3 décembre. Je pense que peu de personnes connaissent ce personnage et son école, le matsubayashi-ryû, même si j’y fais souvent référence car j’ai eu l’occasion de pratiquer dans cette branche du karaté à Okinawa. 

L’école matsubayashi-ryû a été crée en 1947 par Shôshin Nagamine (1907-1997). On peut classer cette école dans le courant shôrin-ryû; d’ailleurs shôrin-ryû et matsubayashi-ryû s’écrivent avec les mêmes idéogramme, seul la prononciation est différentes. Rappelons que les idéogrammes peuvent avoir différentes lectures, c’est ainsi que le terme tôde l’ancien terme qui désignait l’art de la main vide peut aussi se dire « karaté ».

Shôshin Nagamaine a étudié le karaté avec différents experts. Avec Motobu Chôki (1870 – 1944) il a particulièrement étudié les assauts, il s’est inspiré de cet enseignement pour créer des assauts pré-arrangés, les yakusoku gumite. Il faut aussi élève de Ankichi Arakaki (1899-1927) qui décéda très jeune. Ankichi Arakaki était aussi un expert dans la danse d’Okinawa et il y a une relation étroite entre les arts de la scène et le karaté d’Okinawa. Il eu aussi comme professeur Chotoku Kyan (1870-1945) qui fut aussi un élève de Ankô Itosu à la même époque que Gichin Funakoshi. De Chotoku Kyan, l’école matsubayashi-ryû intègre une influence du tomarite avec les katas wanshu (empi), passai (bassai), chinto (gangaku) et kushanku (kanku).

Yoshitaka Taira, 10th dan World Matsubayashi-ryu (Shorin-ryu) A la mort de Shôshin Nagamine, son fils Takayoshi (1945-2012) prend la succession de l’école. Comme c’est souvent le cas dans l’histoire du karaté, quand Shôshin Nagamine est parti, la matsubayshi-ryû s’est divisée en plusieurs groupe, chacun voulant reprendre à son compte l’école. A la mort de Takayoshi Nagamine, c’est YoshitakaTaira qui prend à son tour la relève et qui oeuvre à chercher à réunifier la tendance matsubayashi-ryû. C’est un personnage très discret mais avec une connaissance profonde du karaté. Il ne veut pas se mettre en avant, aussi cette humilité et discrétion font qu’il est difficile de trouver des ressources concernant ce personnage. A mon avis cette discrétion dessert son école car elle ne fait pas beaucoup de publicité et tend peut être à être moins connue que d’autres qui sont plus actives et offensives en terme de communication. Yoshitaka Taira affectionne le kata chinto (gangaku) qu’il exécute souvent lors de démonstrations.

L’école matsubayashi-ryû inclut aussi les kobudo dans son enseignement comme c’est souvent le cas dans les dojos à Okinawa.

Les 2 et 3 décembre 2017 vous pourrez rencontrer ce personnage important dans le karaté d’Okinawa, il viendra à Paris accompagné de Shinjo Kyohide qui représente l’école uechi-ryû et qui lui aussi est une figure incontournable du karaté d’Okinawa. Oshiro sensei, aussi originaire d’Okinawa et  enseigne le karaté gojû-ryû en France depuis plusieurs années sera aussi présent durant ces deux jours. Vous aurez donc la possibilité de pratiquer trois grand styles majeurs du karaté d’Okinawa avec des personnalités reconnues.

J’espère que vous viendrez nombreux pour goûter au karaté originel avec ces experts venus du bout du monde.

Areski

Référence :

2 réflexions au sujet de « Yoshitaka TAIRA »

  1. Les liens qui unissent le Karaté et la danse sont-ils du même ressort que pour la Capoeira par exemple ? C’est à dire de chercher à dissimuler des techniques de combat aux yeux des autorités ou des envahisseurs par des mouvements de danse ?

    • bonjour,
      Je ne suis pas expert en la matière, ni concernant la relation entre karaté et danse à Okinawa et encore moins concernant la Capoeira. Il me semble qu’il y a des points communs concernant le fait de dissimuler des techniques à un regard extérieur, non averti. Mais je pense que dans l’histoire d’Okinawa les liens entre karaté et danse sont plus complexes et nuancés. Je pense qu’il est préférable de poser la question à Charles Juster, ou lire ses livres consacrés à la question car il connait bien le sujet. Si quelqu’un d’autre à une réponse à cette question, ce serait intéressant qu’il partage sa réflexion ici.
      Merci.

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