aikido – judo – karaté

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Le karaté, le judo, l’aikido, pour ne citer que quelques arts martiaux japonais sont, dans la version que l’on connait assez récents, environ une centaine d’années. Toutes ces disciplines ont pour origine des méthodes de combat qui sont bien sûr plus anciennes. Le judo et le karaté sont devenus en partie des sports grâce aux compétitions tandis que l’aikido reste globalement en marge de cette approche, même s’il existe des tentatives dans ce sens.

Les pratiquants d’arts martiaux d’aujourd’hui méconnaissent souvent l’histoire de leur propre discipline et encore plus celle des autres. Pourtant, si l’on y regarde de plus près, on peut avoir la surprise de trouver plus de ressemblances que de différences. Je vous invite à faire un petit tour d’horizon des trois disciplines martiales japonaises les plus importantes qui se pratiquent en partie sans arme : l’aikido, le judo, le karaté.

Afficher l'image d'origineL’aikido a été créé par Morihei Ueshiba (1883 – 1969), il avait étudié différentes formes de jûjiusu et ses recherches, son évolution ont débouché sur sa méthode qu’il a appelé aikido qui peut se traduire par « la voie de l’union des énergie ». Maître Ueshiba, avait une approche martiale et non pas éducative des arts martiaux. Cependant, sur les vingt dernières années de sa vie il en arrive à la conclusion que son art est un art de paix, qu’il doit permettre d’entrer en union avec l’univers, le cosmos, mais aussi avec son prochain. Il comprend que l’on ne peut sortir d’un conflit ou l’éviter que par cette harmonie avec la nature et par le biais de l’amour universel.

Kano Jigoro.jpgLe judo est une création de Jigorô Kanô (1860 – 1938), illustre personnage de son époque puisqu’il a participé à la mise en place du système éducatif au Japon, notamment en faisant partie du gouvernement japonais. Toute la vie de Jigorô Kanô a été marquée par la pédagogie, domaine qui lui tenait à cœur et dont il était devenu un spécialiste. Maître Kanô se passionne pour le jûjutsu et s’entraîne auprès de différents maîtres de cette discipline. Il cherche à faire une synthèse des différentes méthodes de combat qu’il connait en cherchant sur quels principes elles s’appuient. A partir de ces principes il crée le judo kodokan, une nouvelle méthode de combat et surtout d’éducation. Cette méthode va pour lui bien plus loin que la simple technique de combat, dont il prônait d’ailleurs la mise en application en compétition, pour lui les principes du judo peuvent s’appliquer à tous les domaines de la vie, que ce soit la vie privée, le milieu professionnel, les affaires ou la politique.

Afficher l'image d'origineC’est Gichin Funakoshi (1868 – 1957) qui donna à l’art de combat qui vient d’Okinawa le nom de karaté mais surtout qui en a changé les idéogrammes. Il transforme les idéogrammes qui signifient « main de chine » en « main vide », les deux peuvent se prononcer de la même manière « karaté ». Maitre Funakoshi n’a pas inventé grand chose sur le plan technique, quoiqu’il ait apporté des modifications qui ont beaucoup changé le karaté qu’il avait appris auprès des maitres Itosu et Azato à Okinawa. Gichin Funakoshi à continué le travail de modernisation amorcé par son professeur, Anko Itosu, en donnant au karaté une dimension éducative et spirituelle bien plus importante qu’auparavant. Il avait compris que le karaté ne pouvait pas être présenté avec toute son efficacité comme méthode de self-défense car trop dangereuse et peut être barbare dans une société qui aspirait à la paix et la modernité. Funakoshi a dû composer avec la présence du judô, de l’aikido et l’émergence des sports venant de l’occident pour faire du karaté une discipline d’avenir qui peut contribuer à mieux être dans sa peau, et à mieux vivre avec les autres.

Les trois grands maîtres cités ci-dessus, Ueshiba, Kanô, Funakoshi, se sont surtout attachés à transmettre des principes et non pas des techniques. Chacun à sa manière a cherché à contribué à un monde meilleur en proposant une discipline martiale comme méthode d’épanouissement, d’accomplissement, mais aussi comme trait d’union entre les être humains, ainsi qu’une voie vers une communion avec la nature et l’univers. Pour moi, ces trois disciplines que sont l’aikido, le judo, le karaté, s’appuient sur des principes communs, même si leurs créateurs les ont exprimé de manière légèrement différente avec leur personnalité. Certes certaines techniques sont à première vue différentes, mais à y regarder de plus près, on trouve des similitudes, des chevauchements, et il est impossible de tracer une ligne de démarcation entre ces trois disciplines. Ueshiba, Kanô, Funakoshi, on vécu à la même époque et ont sût faire émerger à partir des arts martiaux anciens des disciplines tournées vers l’avenir comme un don pour l’humanité.

Plutôt que d’opposer les genres et les disciplines, les adeptes d’aujourd’hui devraient chercher à comprendre l’héritage des ces grands hommes qui ont compris que les arts martiaux devaient changer ou mourir. Grâce à eux, les arts martiaux sont plus vivant que jamais, mais il nous appartient de faire vivre et prospérer cet héritage en avançant, en créant tout en gardant présent à l’esprit d’où nous venons. Plutôt que de créer des clivages, il est préférable de construire des ponts. On s’enrichit toujours à connaître l’autre, à apprendre de lui.

Areski

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