Les étiquettes

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– Comment vous appelez-vous ?
– Dupont, monsieur Dupont. Et vous ?
– Lassale François. Vous faîtes quoi dans la vie ?
– Je suis développeur informatique. Et vous ?
– Je suis gérant d’un magasin de vêtement au centre ville.
– Ah, vraiment ? C’est intéressant. Depuis combien de temps ?
– Ca va faire maintenant 5 ans. Avez-vous le temps de faire du sport ?
– Oui, je fais du tennis. Et vous ?
– Je fais du ski en hiver, sinon je m’entretiens dans une salle de sport
– …

Cette discussion banale montre comment on met des étiquettes. Comme si la connaissance de l’autre mais aussi du monde qui nous entoure ne peut passer que par l’étiquetage. Ceci est un arbre… mais tous les arbres sont différents. Ceci est un homme… mais tous les hommes sont différents. Peut-on réduire une chose, un être vivant, un homme à la somme de ses caractéristiques ? Certes les humains se ressemblent tous, mais dans le même temps ils sont tous différents. Doit-on subir la dictature du paraître ? Mais si nous ne sommes pas ce que nous paraissons, alors qui sommes nous ? Peut-on apprécier une personne sans connaître son métier, ce qu’elle fait comme sport ou autre activité ? Pour cela, il faut être en mesure de voir au-delà des apparences. Mais notre société ne favorise pas cette approche, alors notre jugement s’appuie sur les étiquettes faute de mieux.

Mais à force d’exercer un métier ne devient-on pas une personne différente, ou du moins ne se transforme-t-on pas ? Par conséquence, l’extrapolation entre l’idée qu’on se fait d’un métier et la personnalité d’un individu n’est-elle pas juste ? A mon sens non. Ce n’est pas tant ce qu’on fait qui est important mais la façon dont on investit sa tâche. Chacun connait l’histoire des tailleurs de pierre : « sur un chantier il y a trois tailleurs de pierre. Quand on demande au premier ce qu’il fait, il répond : je taille une pierre. A la même question, le second répond : je construis un mur. Le troisième tailleur de pierre donne comme réponse : je bâtis une cathédrale ». Ces trois personnes font exactement le même travail mais l’investisse différemment. Pour moi leur être se comprend mieux en fonction de la manière qu’ils investissent leur tâche.
Pourquoi en société demande-t-on toujours notre métier, notre âge, … Pourquoi pas ce qu’on aime, ce qu’on pense, … Et puis est-il toujours besoin de poser des questions pour avoir un ressenti de la personne. Pourquoi ne pas l’apprécier juste pour ce qu’elle est, ce qu’elle dégage, sa façon de regarder, de sourire, … ? Il y a des choses qui existent au-delà des paroles. Sommes-nous donc condamner à porter le convenable habit social au détriment de notre véritable nature ? A quel moment peut-on enlever notre masque, arrêter de jouer un rôle et être authentiquement soi-même ?
Je pense que chaque grand changement commence par un petit geste personnel. Peut-être pouvons-nous individuellement prendre conscience de cette dictature des étiquettes qui nous dénature, qui déforme ce qui nous entoure, qui globalise à outrance. Cherchons à entrer réellement en relation avec les êtres et les objets qui nous entourent. Une relation où le cœur et l’intuition sont des langages universels qui transcendent les formes et la matière.
« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur »
Le petit prince – Saint Exupéry.
Areski

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