mae geri – coup de pied de face

Mae Geri Jodan.:

Le coup de pied de face ou mae-geri en japonais est souvent celui qu’on apprend en premier car il semble assez simple d’exécution. C’est aussi une technique de jambe fréquemment utilisée car elle est assez instinctive et ne nécessite pas beaucoup de souplesse. Nous allons décrypter cette technique et voir comment elle est exécutée et peut être utilisée.Mae-geri s’écrit avec les idéogrammes suivants 前蹴り. Le premier idéogramme 前 se lit ici « mae« , il veut dire « devant, en face, avant, antérieur », il se prononce aussi « zen » comme dans zenkutsu-dachi, la position avec la jambe avant fléchie et le poids plus orienté vers l’avant. En revanche le terme Zen du bouddhisme zen s’écrit avec un autre idéogramme dont le sens est différent. Le deuxième idéogramme 蹴 veut dire « frapper du pied », il a deux prononciations principales « keru » et « shuu« . Keru est le verbe qui signifie frapper du pied et prend la forme keri puis geri dans le coup de pied mae-geri. Le son « k » de « keri » est adoucit en « g » car il vient après le terme « mae« . Le même principe de la langue japonaise est appliquée dans ippon-gumite, kumite qui veut dire échange des mains (combat) voit sa prononciation adoucie en « gumite » après le terme ippon. Pour la bonne prononciation, n’oubliez pas que « mae » se prononce « ma-é«  et « geri » se prononce « guéri ». Pour la bonne prononciation des termes japonais, je vous invite a lire ou relire la leçon de japonais n°1 présentée dans ce blog.

Description de la technique

Le dessin ci-dessous illustre un développé de la forme de base du coup de pied mae-geri. Ce coup de pied peut s’exécuter sous la forme keage c’est-à-dire en frappant en remontant de manière fouettée et sous la forme kekomi, la forme pénétrante. La forme keage étant celle que l’on utilise le plus, c’est à partir de cette forme que je vais décrire la technique.

Reportons-nous au dessin ci-dessus. Sur la gauche le personnage qui va exécuter le coup de pied est en position de base zenkutsu-dachi. Il est bien sûr possible de faire ce coup de pied à partir de différentes positions, il s’agit ici d’un exemple et de la façon la plus courante de pratiquer ce coup de pied. En basculant le bassin vers l’avant, en rétroversion, la cuisse monte. Il faut alors bien fléchir la jambe, comme si l’on souhaitait toucher la fesse avec le talon dés que le pied décolle du sol et que le genou commence son ascension. C’est la phase préparatoire ou de l’armé de la technique illustrée par la deuxième image. A ce moment-là il est important de rester neutre avec le haut du corps, de ne pas faire de mouvement parasite comme avancer le buste ou la tête, ou prendre de l’élan avec les bras, sous peine de donner des indices à l’adversaire qui pourra lire votre intention de donner un coup de pied ou du moins d’attaquer. Cette phase préparatoire peut être aussi considéré ou utilisé comme un coup de genou vers l’avant et en remontant comme l’illustre la photo ci-dessous.

La deuxième phase du coup de pied est celle de l’extension, elle est illustrée par la troisième image. Le pied va directement vers la zone à atteindre. Celle-ci peut être au niveau bas le tibia, le genou, la cuisse ou les parties génitales. A un niveau moyen on peut viser le ventre ou les côtes si l’adversaire est de côté. Si le partenaire s’est penché en avant, on vise aussi la tête comme si l’on faisait une reprise de volée sur un ballon de foot. Comme l’illustre la photo au début de l’article, il est aussi possible de viser le menton ou la gorge si notre souplesse le permet.

Après avoir percuté la cible, la jambe se replie comme sur la dernière image à droite. On repose ensuite la jambe au sol, devant ou derrière. Le fait de ramener la jambe permet éventuellement de frapper à nouveau avec le pied, soit en mae-geri ou avec une autre technique. Ramener la jambe évite aussi de se la faire saisir par l’adversaire si ce dernier n’a pas été mis hors de combat.

La forme pénétrante illustrée par la photo ci-dessous ce fait généralement avec le talon appelé kakato, soit en coup d’arrêt ou pour attaquer le bas ventre ou les membres inférieurs. On retrouve cette forme dans le kata unsu.

A la fin de l’article une vidéo (en japonais désolé, mais les images sont parlantes) montre l’exécution du mae-geri keage.

Différentes façon de placer le pied et les orteils

Nous venons de voir que dans la forme mae-geri kekomi, on utilise particulièrement le talon, kakato. Sinon la forme la plus usitée du pied dans le mae-geri keage est le koshi, ou bol du pied. voir dessin ci-dessous. Cette façon de frapper ne nécessite pas un renforcement ou une préparation particulière du pied, il faut cependant bien remonter les orteils. Chez certaines personnes, un assouplissement des orteils est nécessaire pour réussir à percuter des cibles sans se faire mal. Remarquez dans le dessin présentant le déroulé de la technique que le pied est dans l’alignement du tibia. Il faut donc à la fois allonger le pied pour obtenir cet alignement et relever les orteils, ces deux actions sont un peu contradictoires et il faut donc un peu d’entraînement pour y parvenir.

http://www.seishin.lt/lib/manage/upload/+Seishin%20Karate%20-%20Sm%C5%ABgiai%20-%20Geri%20Waza%20-%20Koshi.jpg

La frappe en mae-geri avec le koshi est une version moderne du coup de pied destinée aux débutants et aux enfants. A l’origine ce coup de pied se fait avec le bout des orteils dans la forme appelée tsumasaki. Tsuma veut dire « ongle ou griffes », saki veut dire « le bout ». Tsumasaki indique donc une frappe avec la pointe des orteils comme l’illustre le dessin ci-dessous.

La frappe en tsumasaki nécessite un entraînement particulier car il faut conditionner les orteils à recevoir des chocs. Certaines karatékas continuent à utiliser cette forme pour les frappes mais elle n’est pas conseillée aux débutants. L’avantage de frapper avec le bout des orteils c’est que la surface de frappe est moindre et que l’on peut atteindre avec plus d’efficacité certains points vitaux comme le plexus solaire ou la gorge.

Lorsqu’on vise les parties génitales, on utilise habituellement le dessus du pied appelé kaisoku, même si l’on peut aussi frapper avec le koshi, ou bol du pied. En utilisant le dessus du pied. La forme kaisoku, dessus du pied est illustrée ci-dessous.

Mae-geri et yoko-geri

Si vous avez la curiosité de regarder d’anciens livres de karaté ou tout simplement de comparer les katas de l’école shotokan avec des katas de style shorin d’où est issu le karaté shotokan, vous remarquerez que les yoko-geri sont des mae-geri exécutés sur le côté. Yoko veut dire côté et maintenant vous savez que geri veut dire frapper du pied. Donc quand on utilise le bol du pied, la pointe des orteils ou le talon pour frapper sur le côté, la technique s’appelle yoko-geri. Pour éviter cette confusion, les adaptes du karaté wadoryû appelle ce coup de pied sokuto qui désigne le tranchant externe du pied. La photo ci-dessous présente deux formes du yoko-geri. A gauche un yoko-geri exécuté avec le tranchant externe du pied, remarquez comment cette frappe conditionne le placement du corps complétement de côté par rapport à la cible, ce qui implique une inclinaison significative du buste pour compenser la bascule du bassin. Le personnage de droite exécute sur la photo un yoko-geri qui est un mae-geri sur le côté si l’on peut dire. La position du buste reste naturelle et permet d’enchainer facilement et rapidement avec les membres supérieurs soit pour attaquer ou défendre. L’équilibre de celui qui fait le coup de pied est aussi moins critique en cas d’échec de la technique que dans la forme avec le tranchant du pied.

Aspects tactiques

Les coups de pieds sont en principe dangereux pour celui qui les exécute. En effet, faire un coup de pied suppose que pendant un moment on est en équilibre précaire sur une jambe. D’autre part, plus le coup de pied sera exécuté à un niveau haut, plus l’on exposera les parties génitales à l’adversaire, chose qui peut avoir des conséquences fatales en combat réel. C’est pourquoi il n’y a pas beaucoup de coup de pied dans les katas et qu’à l’origine ceux-ci se font au maximum au niveau de la taille ou des côtes flottantes.

Cependant, les coups de pied permettent d’atteindre l’adversaire à une distance où les poings ne peuvent pas toucher. C’est donc un moyen de frapper sans être touché. Les coups de pieds peuvent aussi créer un effet de surprise car la plupart des individus attaquent avec les poings si ils ne sont pas entraînés aux arts martiaux.

Le coup de pied peut être utilisé pour frapper et atteindre un point vital afin de blesser l’adversaire mais il peut aussi servir à le déstructurer pour enchaîner ensuite avec d’autres frappes de jambe ou de bras. Pour déstructurer on frappe habituellement dans les jambes pour saper les appuis de l’adversaire qui va alors tomber ou se pencher vers l’avant. Il faut alors profiter de l’opportunité pour enchaîner avant qu’il ne se rétablisse. Quand l’adversaire attaque avec les jambes, attaquer la jambe d’appui ou les parties génitales est une stratégie intéressante et redoutable… On comprends alors qu’il est préférable de ne pas trop lever les jambes…

Il y a de multiples façon d’appliquer le mae-geri, on peut le faire de la jambe arrière comme dans la description au début de l »article mais aussi avec la jambe avant, soit avec un pas chassé ou sur place pour faire un contre ou un coup d’arrêt. On peut aussi faire un déplacement préalable avant de frapper, par exemple un changement de garde.

Conclusion

Le coup de pied de face mae-geri peut se faire soit de manière fouetté, mae-geri keage, ou de manière pénétrante, mae-geri kekomi. D’une manière générale on distingue trois phases dans la réalisation de la technique : la préparation, l’extension et le retour. Il existe différentes manière de placer le pied à l’impact : le bol du pied, le bout des orteils, le dessus du pied et le talon.

Le mae-geri exécuté sur le côté est aussi appelé yoko-geri, on retrouve cette forme dans les katas qui ont gardé les techniques originales.

L’avantage des coups de pied c’est qu’il peuvent toucher une cible que l’on ne peut pas atteindre avec les bras. L’inconvénient de faire un coup de pied c’est que l’on est vulnérable car dans un équilibre précaire et l’on expose les parties génitales.

Il y a différentes manières d’utiliser le mae-geri en combat, avec la jambe arrière, avec la jambe avant, en associant des déplacement ou des changements de garde.

 Mae-geri est le coup de pied le plus utilisé mais aussi celui que l’on apprend en général en premier. Son apparente simplicité cache cependant des difficultés pour une réalisation optimale permettant une réelle application en combat.

La vidéo ci-dessous montre de manière précise le coup de pied mae-geri.

Areski

 

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