Kôan

Vous avez probablement déjà entendu parlé des kôan, ces petites phrases qui sont sensées aider un disciple de bouddhisme zen à s’éveiller.

Tout d’abord un peu d’histoire. Le zen est la version japonaise de la tradition Chan qui vient de Chine. Le bouddhisme Chan s’est développé durant le VIIème et VIIIème siècle et grâce à son succès, cette école a supplanté les autres. Dans le bouddhisme Chan, les moines ont compilé des entretiens entre moines ainsi que des petites histoires connues sous le nom de gongan dont la prononciation japonaise est kôan. Pour les chinois, le gongan exprime l’éveil.

Concernant l’importation du zen au Japon vers le VIIIème siécle, Myôan Eisai (1141 – 1215) importa le zen de l’école Rinzai tandis que Dôgen Eihei (1200-1253) importa le zen de l’école Sôtô, ce dernier utilisait les ouvrages appelés gongan comme aide-mémoire à son enseignement. L’utilisation de ces textes, mais surtout les petites histoires que nous connaissons donc sous le nom de köan sont importants dans l’enseignement du zen. Les kôan est court, quelques lignes seulement, il est considéré comme une « parole vive » qui transperce l’individu et le fait accéder à l’éveil intérieur, le satori. Les kôan utilisent des formules déroutantes, souvent inattendue et parfois paradoxales. Plus le dialogue résiste à une interprétation intellectuelle, plus le kôan est considéré comme pertinent.

Le kôan invite à une relation particulière entre le maitre et le disciple, une interaction. Tous les jours les novices qui viennent apprendre comment se libérer l’esprit dans les monastères japonais, doivent méditer sur un ou deux kôan donnés par le maître. Ils doivent donc quotidiennement rendre compte au maître de leurs pensée au sujet de kôan. Ces devinettes incongrues n’ont pas de réponse.

Voici quelques exemples de kôan :

  • Quand on frappe les deux mains l’une contre l’autre, quel est le son d’une seule main qui claque ?
  • Où était donc votre moi avant votre naissance ?
  • Ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as
  • L’homme regarde la fleur, la fleur sourit
  • Une journée, une vie
  • Le bambou existe au-dessus et en dessous de son nœud

Pour moi les katas de karaté sont un peu comme des kôan, notamment quand on recherche le sens des mouvements. Je ne veux pas dire qu’ils permettent un éveil tel que le satori rechercher en zen, mais qu’en méditant sur une enchaînement technique proposé par le kata, quand une application surgit dans l’esprit c’est un peu comme un éveil. Tout d’un coup apparaît à nos yeux ce que l’on voyait sans comprendre pendant des années, parfois des décennies. Certains passages de kata ne livrent pas leurs secrets facilement et nécessitent une réflexion, une recherche et de la méditation. Au terme de ce travail, quand une solution surgit, on est baigné par une émotion, un sentiment qui nous élève, une satisfaction.

Les problèmes que nous pouvons rencontrer au quotidien, qu’ils soient familiaux ou professionnels, ne trouvent parfois pas de solution si l’on reste dans un raisonnement duel. Pour trouver une solution à ces problèmes ou une façon de les aborder, il faut parfois s’extraire de ce principe de dualité et du raisonnement logique de la même manière que l’on réfléchi à un kôan.

Areski

Références :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *