La blessure… Une opportunité pour progresser !

Un jour ou l’autre nous pouvons être blessé ou malade. Cette situation peut être temporaire ou chronique. Dans les deux cas, beaucoup de médecins vous interdiront de faire du sport, surtout du karaté. Un ami orthopédiste qui pratique le karaté m’a dit un jour « j’interdis rarement à un karatéka chevronné et assidu de s’entraîner, car je sais qu’il ne le fera pas. En revanche je lui prodigue des conseils pour adapter son entraînement, je lui dis ce qu’il peut faire et surtout ce qu’il ne doit pas faire… ».

Lorsque l’on est blessé on est diminué, affaibli et ont peut se dire qu’il est inutile de s’entraîner car on ne pourra pas donner le meilleur de soi. La question est donc ouverte «ne doit-on s’entraîner que lorsque l’on est en forme ? ». Si l’on attend d’être en plein forme pour pratiquer… On risque de ne pas s’entraîner souvent, en effet, personne n’est au top de sa forme, il y a invariablement des variations, des hauts et des bas.

Que ce soit dans le cas d’une baisse de forme et de performance ou d’une blessure, ces situations peuvent être envisagées comme des opportunités pour progresser. Cela peut sembler paradoxal mais une blessure nous amène à prendre en considération les douleurs pour adapter notre façon de travailler. Il serait dommage de ne pas s’entrainer si l’on a mal à la main ou au bras car il nous reste toujours un autre bras et deux jambes. Il serait dommage de ne pas s’entraîner si l’on a mal à une jambe car il nous reste toujours les autres membres. L’entraînement peut se faire au club, en prévenant votre professeur que vous adapterez les exercices en fonction de votre handicap, et à chez vous si vous pensez qu’il sera compliqué d’intégrer le groupe dans un cours.

La douleur occasionnée par une blessure ou un autre handicap, nous amène à prendre conscience de nos mouvements, car si on ne le fait pas la douleur nous arrête. Cette douleur devient alors notre professeur, elle nous dit ce que l’on peut ou ne peut pas faire et nous amène à trouver des solutions pour bouger autrement, pour réagir autrement, elle nous oblige à nous adapter. Car en effet, si vous sollicitez la zone blessée, vous ne pourrez pas guérir et l’entraînement ne vous sera pas profitable, au contraire. En revanche, si   vous trouvez des stratégies pour adapter votre travail, vous apprendrez beaucoup sur vos capacités, le fonctionnement du corps et votre plasticité corporelle et mentale.

Du fait que la blessure nous diminue physiquement et parfois aussi mentalement, elle blesse aussi notre ego. Cette période de relative invalidité nous permet aussi un travail spirituel si nous savons accepter ce qui nous arrive. En effet, plus que la blessure physique, c’est notre ego qui est atteint car il n’aime pas être en situation de faiblesse et souvent il vous incitera à garder le repos en attendant de retrouver la grande forme. Accepter de se montrer aux autres en position de faiblesse, accepter d’évoluer durant les entraînements avec un handicap sont des situations pénibles pour l’ego mais pour vous il s’agit d’une grande chance pour travailler à vous en libérer un peu.

Une blessure, une douleur aigüe, va obliger à réfléchir sur le fonctionnement du corps, des muscles. La blessure oblige à réfléchir sur la dynamique du corps, sur les mouvements que l’on réalise. A cette occasion on prend conscience de certains groupes musculaires et de la façon dont ils sont sollicités durant les techniques. La blessure nous oblige aussi à être plus conscients de la respiration, surtout si l’on est blessé au niveau de la cage thoracique, mais la respiration va aussi nous aider à gérer des douleurs.

L’handicape nous amène aussi à établir un dialogue avec les partenaires. Selon les exercices et le type de blessure que nous avons, il est parfois préférable de prévenir les partenaires pour qu’ils aient une attention particulière afin de ne pas vous faire mal. Du coup, pour le partenaire aussi, même s’il ne souffre pas de la douleur, la contrainte qui lui est imposée d’éviter de toucher telle ou telle partie de votre corps ou de ne pas faire certains mouvements, l’oblige à une attention particulière qui l’amène à un état de concentration conduisant à plus de conscience et aussi à développer des capacités d’adaptation.

Sur le plan martial, il est intéressant d’être confronté à ces situations de diminution des capacités physiques, notamment à des blessures. Dans le cas d’une agression, celle-ci peut survenir à tout moment, même si vous êtes malade ou blessé, et il faudra vous défendre tout de même. Mais aussi, au cours d’un combat, vous pouvez être blessé plus ou moins gravement et il n’y aura alors pas d’arbitre pour arrêter le combat, l’adversaire cherchera à tirer avantage de votre handicap. Pour développer votre esprit martial, il est donc parfois intéressant, si cela vous semble gérable, de ne pas prévenir vos partenaires de vos blessures et de vous adapter comme si de rien n’était. En opérant ainsi, vous développer votre esprit martial et apprenez à ne pas montrer vos faiblesses à un éventuel adversaire.

Si vous avez une large palette technique et une bonne connaissance de vous-même, il sera plus facile de vous adapter à diverses situations et notamment à vos handicaps et baisses de forme. En vous entraînant malgré vos problèmes physiques, ou psychologiques, vous renforcez votre confiance en vous car vous apprenez que malgré tout vous êtes capable de gérer des situations complexes même si vous n’êtes pas en possession de tout votre potentiel. En acceptant votre état d’handicap sans renoncer à vous entraîner vous apprenez à mieux vous connecter avec le plus profond de vous-même car votre ego est diminué et ne fait plus barrage. Que ce soit par la blessure, une baisse des performances due à la maladie ou le vieillissement, prenez ces situations comme des opportunités pour progresser malgré tout et mieux vous connaître.

Areski

Lien :
Article sur la gestion de la blessure chez le sportif

2 réflexions au sujet de « La blessure… Une opportunité pour progresser ! »

  1. je suis d accord avec toi Areski car je connais maintenant cette situation .je suis maintenant plus dans la contrôle de mon corps et comme le temps passe et nous devons ménager notre corps . oss .amitiés

  2. Absolument d’accord ! C’est après un accident lourd à la colonne vertébrale que je suis remonté sur les tatamis pour en découdre avec moi-même. Médecins et spécialistes m’ont strictement interdit de le faire jusqu’au jour où j’ai rencontré un ancien médecin de campagne, ancien Karatéka, qui m’a accompagné dans ma démarche, pour ne pas dire mon combat (le plus grand après celui de ma « guérison »). Aujourd’hui, comme disent certaines personnes ayant commenté cet article, je ne travaille plus dans le but d’excellence, mais dans celui de durer… et je travaille mon Karaté avec moins de force et pourtant plus d’efficacité.
    Le Karaté-Do ne nous laissera jamais sur le bord du chemin, alors faisons lui confiance et ne l’abandonnons jamais. C’est salvateur !!!

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