Danse et karaté à Okinawa

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On dit souvent qu’il y a un lien entre la danse d’Okinawa et le karaté. Maître Nagamine Shoshin écrit dans son livre « the essence of Okinawan karate-do » ed. Tuttle que l’un de ses maitres, Arakaki Ankichi (1899 – 1927) lui a montré la relation qu’il existe entre le karaté et la culture d’Okinawa et lui a ouvert les yeux sur la beauté du karaté. Maître Nagamine dit aussi que Arakaki expliquait à ses élèves que le karaté et les danses d’Okinawa ont des points en commun, notamment dans en ce qui concerne la dynamique des mouvements. Pour Arakaki, le karaté est né de l’instinct de l’homme pour survivre tandis que la danse prend sa source dans le désir de l’homme à exprimer ses émotions. Selon Arakaki, un pratiquant de karaté devrait étudier les différences et les points communs entre ces deux arts, et pour cela, pratiquer la danse. Arakaki Ankichi était lui-même un excellent danseur, il avait une grande connaissance du répertoire théâtral et s’intéressait à la poésie.

Jean-Charles Juster a écrit une thèse sur les relations entre les danses d’Okinawa et les arts martiaux qui se sont développés sur ces îles. Je vous invite à lire son travail, pour ma part je vais m’appuyer sur cette thèse pour vous livrer quelques éléments de réflexion sur le sujet.

Les danses à Okinawa étaient dans un premier temps réservées aux cérémonies religieuse, à cette époque seule les femmes pouvaient danser. Puis il y a eu une évolution, un glissement vers la cour du Royaume où ces danses ont finit par être présentées. Que ce soit la danse ou les arts martiaux, seuls les nobles pouvaient y avoir alors accès. La danse et les arts martiaux n’étaient pas vraiment différenciés jusqu’au XIII-XIVème siécle.

Puis à l’époque moderne, les arts martiaux tout comme la danse ont pénétrés les couches de la société pour devenir des activités de loisir, touchant progressivement un public de plus en plus large. Les danses sont alors aussi données par des hommes.

D’après l’auteur, Jean-Charles Juster, il faut différencier les danses des villes et celles des campagnes, surtout lorsqu’on recherche un lien entre la danse et les arts martiaux. Pour lui, les danses des villes ont transformé les techniques de combat présentent dans ces danses pour des raisons esthétiques. En revanche, on trouve dans les hameaux, dans les campagnes, des danses où les techniques martiales sont toujours exécutées de manière correcte.

Certains danseurs sont aussi des pratiquants d’arts martiaux. Quand c’est le cas, les techniques sont précises. Ces pratiquants font les danses nommées « mêkata » et « bu no mai ». Parfois on assiste plus à des katas qu’à des danses.

Les katas d’Okinawa permettent, à travers les mouvements du corps de marquer l’identité d’un groupe, d’un village, d’une région.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de voir maître Shoshin Nagamine danser sur l’hymne du karaté, « karate no sanka ». Il s’agit d’une mise en scène de différentes parties de kata en musique. Vous pouvez le voir sur la vidéo qui suit à partir de 39 secondes.

Enfin, pour terminer cet article, une vidéo où les mouvements de danse sont expliquées avec un expert de karaté.

Areski

Références :

Jean-Charles Juster, « Les rapports entre les danses et les arts martiaux d’Okinawa. De la forme à l’identité », Cipango, 15 | 2008, 273-278.

 

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