Karaté et méditation

La méditation est une pratique de plus en plus répandue qui fait même l’objet de nombreuses expériences scientifiques. Aujourd’hui, les neurosciences confirment que la pratique de la méditation a des effets bénéfiques sur la santé mentale et physique. Une pratique régulière de la méditation a des effets sur le stress et est tout aussi efficace que des antidépresseurs. Elle permet aussi d’augmenter la capacité de concentration et améliore le fonctionnement du cerveau. Les effets sur la santé sont nombreux aussi, la méditation permettrait de diminuer les douleurs chroniques et de favoriser la guérison dans des maladies tel que le cancer. Elle améliore aussi les défenses immunitaires.

Il existe plusieurs approchent de la méditation qui utilisent des protocoles divers. Il y a la méditation qui consiste à étudier un thème, un sujet, une idée, un objet, un concept, afin de mieux le comprendre et il y a la méditation dont l’optique est spirituel voir religieux.

La méditation existe dans toutes les religions. Si elle permet d’approfondir son identité spirituelle, elle peut aussi être pratiquée simplement pour s’apaiser et se centrer. Il y a beaucoup de techniques pour méditer, beaucoup d’entre-elles s’appuient sur la respiration et le fait de rentrer en contact avec son intériorité en faisant taire le mental. La médiation tend à nous faire prendre conscience de ce que nous sommes réellement.

Dans le monde des arts martiaux nous connaissons plus particulièrement la méditation Zen. Celle-ci consiste à s’asseoir à genoux (en seiza) et à rechercher l’état de vacuité, c’est à dire le vide mental. Ce travail amène à un état de conscience modifié qui permet de diminuer l’emprise de l’ego. Les samourais qui devaient affronter quotidiennement la mort se sont intéressés à la pratique de la méditation Zen pour les aider à agir librement pendant les combats, pour que leur mental n’entrave pas leurs actions, notamment par la peur de la mort.

Si la pratique de la méditation peut se faire dans un temps choisi, dans une posture dictée par les canons d’une école, comme le Zen par exemple, il y a une multitudes de façons différentes de méditer. La méditation peut être un acte qui s’inscrit dans divers moment du quotidien. Nul n’est besoin d’attendre sa séance de méditation pour chercher à se recentrer pour trouver la paix intérieur et la connexion avec son soi. On peut dans le cour de sa journée trouver des instants pour se concentrer sur sa respiration par exemple pour déconnecter du mental et entrer dans un état méditatif. Une autre technique consiste à rythmer sa respiration avec ses pas quand on marche ou tout simplement mettre de la conscience dans un geste. C’est mini méditations se font dans nos actions journalières.

La pratique du karaté nécessite aussi une concentration et de faire le vide dans sa tête. On cherche à être conscient de sa respiration et à l’adapter aux mouvements ou à l’utiliser de manière stratégique en situation de combat. De part sa nature même et la prise de conscience que nécessite la pratique, le karaté est en soi une forme de méditation en mouvement. Les mouvements faits seuls comme dans le kihon ou les katas favorisent l’état méditatif. Ainsi, un kata peut prendre une toute autre dimension si l’accent est mis sur la recherche méditative plutôt que sur la performance. Mais les exercices avec partenaires peuvent aussi être des moments de lâcher prise qui s’apparente à l’état de méditation. La recherche en karaté et de lier le corps, la technique et l’esprit. Cette état se réalise dans un état méditatif dynamique où le corps est en mouvement. Quand le pratiquant arrive à atteindre un certain état de conscience grâce à ce travail, il affine ses perceptions. Il perçoit les intention du partenaire ou de l’adversaire et son corps réagit sans délai pour trouver la réponse adapter à la situation de combat.

Le fait de s’adonner à la méditation si j’ose dire « classique », c’est à dire dans l’immobilité, comme on peut le faire dans le Zen, permet dans un premier temps au pratiquant de karaté d’entrer dans des états de conscience et de les identifier. Il pourra ensuite, dans sa pratique martiale, d’abord seul à travers l’exercice du kata puis avec un partenaire dans les assauts conventionnels et libre, passer à la méditation en mouvement. Cette pratique méditative au dojo pourra ensuite se prolonger dans les actes de la vie quotidienne, l’idéal étant de progressivement réussir à entrer rapidement dans un état de conscience modifié et de rester le plus souvent possible connecter à sa source profonde tout au long de la journée.

Areski

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