Avancer sur l’attaque

Les arts martiaux proposent des approches différentes pour aborder la situation de combat. Par définition, un combat est une situation libre où tout peut arriver. Il ne s’agit pas forcément d’une situation duelle et les distances peuvent varier. Les écoles de karaté proposent des exercices pour former le pratiquant et le préparer à déployer son potentiel combatif en toutes circonstances.

Dans un combat il est difficile de gérer ses émotions et la première d’entre-elles est la peur. Beaucoup d’écoles de karaté proposent des exercices qui consistent à reculer lorsqu’une attaque arrive, tout en la parant, avant de reprendre l’initiative. Cette situation se retrouve dans les assauts conventionnels et plus particulièrement dans les assauts sur trois et cinq pas (sanbon gumite et gohon gumite). La vidéo ci-dessous démontre l’assaut conventionnel sur trois pas sanbon gumite.

 A mon a vis cet exercice est destiné aux débutants pour qu’ils s’habituent à exécuter des techniques correctes en relation avec un partenaire. Cette forme d’assaut est sécurisant pour le défenseur car il utilise le réflex naturel qui consiste à reculer face au danger. Je pense qu’il ne faut pas stagner sur ce type d’exercice trop longtemps sous peine de développer de mauvais automatismes pour le combat.

En effet, ce que l’on cherche en combat c’est de reprendre l’avantage sur l’adversaire, notamment quand ce dernier prend l’initiative. La meilleures façon est alors d’avancer sur l’attaque tout en l’esquivant ou la parant pour riposter, soit avant que l’attaque ne se soit développer, soit pendant qu’elle se déroule.

Certaines écoles de karaté, comme le shotokai, n’envisage jamais les exercices cités plus haut (sanbon et gohon gumite). En shotokai, on ne recule jamais sur une attaque, même lorsqu’on est débutant. La notion d’irimi qui consiste a entrer dans l’attaque est très développée. Cette même notion est aussi très présente en aikido où les techniques se font toujours en allant vers l’adversaire et jamais en reculant comme on peut trop souvent le voir en karaté.

Les deux vidéos ci-dessous illustrent ce qu’est la notion d’irimi.

La notion d’avancer sur l’attaque adverse, comme l’illustrent les vidéos ci-dessus, est fondamentale pour acquérir une réelle capacité combative. En agissant ainsi, vous avez beaucoup plus de possibilités pour mettre l’adversaire hors de combat avant qu’il ne se ressaisisse pour attaquer à nouveau.

Cependant, l’entraînement à cette capacité d’entrer dans l’attaque, nécessite de reprogrammer nos réflexes et pour cela il est nécessaire de contrôler sa peur. C’est pourquoi il faut faire varier certains paramètres pour que les exercices se fassent en sécurité.

La vitesse est le paramètre principal à moduler. Il faut vous entraîner à faire varier votre vitesse. Pour cela, il faut repérer quel est votre vitesse maximale, c’est à dire 100%. Vous pouvez ensuite exécuter la technique à 50% de la vitesse maximale. Puis progressivement vous allez varier la vitesse entre 50% et 100% et de 0% à 50%.

Une des conséquences de la variation de la vitesse va être la variation de la puissance des techniques. Sans vitesse, les techniques sont moins puissantes et donc moins dangereuses, ce qui amoindrit les risques de blessure. Pour plus de sécurité, vous pouvez aussi utiliser des protections.

C’est dans le travail à vitesse lente que votre corps va intégrer cette nouvelle façon d’appréhender les situations de combat pour programmer de nouveaux réflexes. Au fur et à mesure que vous réussissez les exercices, vous pourrez augmenter la vitesse de travail. Vous ferez ensuite des allers-retours entre le travail à vitesse lente, moyenne et rapide.

En adoptant cette attitude offensive dans le combat, en cherchant à avancer sur l’adversaire alors même que ce dernier attaque, vous n’êtes plus réactif mais pro-actif. C’est à dire que vous ne subissez plus la situation, vous n’êtes plus passif mais actif. En développant cette capacité, vous réussirez beaucoup mieux les assauts semi-conventionnels tel que le jyû-ippon-gumite et l’assaut libre jyû-gumite mais aussi le travail contre plusieurs adversaires.

Comment se fait l’approche du combat dans votre discipline ou votre école ?

Areski

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *