Conduite et arts martiaux

Conduire une voiture ou une moto aux Etats-Unis

La pratique des arts martiaux ne se confine pas à l’exercice au dojo, en keikogi (tenue d’entraînement). Elle doit s’intégrer de plus en plus à la vie quotidienne. C’est pourquoi dans cet article je cherche à faire un parallèle entre les arts martiaux et la conduite d’un véhicule sur route ou en ville.

Autrefois, les guerriers japonais, les samourais, pratiquaient différentes techniques de combat. Ils pouvaient être confrontés à la mort quotidiennement. Aujourd’hui, les pratiquants que nous sommes vivent dans un monde où le risque de confrontation mortelle est très limité et nous nous inscrivons plus dans une pratique de loisir, ludique, que dans une préparation militaire. Si la mort est présente symboliquement dans chaque mouvement, dans chaque exercice, dans chaque kata pratiqué au dojo, nous espérons ne jamais être dans l’obligation de sauver notre vie. Pourtant, ce risque de perdre la vie est très largement accru lorsque nous décidons de nous mettre au volant d’un véhicule.

Cette prise de risque quotidienne qu’est l’acte de conduire implique une vigilance permanente. Cette vigilance fait appel à tous nos sens et à notre intuition. Il nous faut donc être prêt à agir et réagir, être en alerte.

A tout moment nous utilisons dans la conduite, les principes que nous avons déjà abordés sur l’article concernant l’acte moteur. Il faut être à l’affût des indices qui permettent de détecter l’action des autres automobilistes et des différents dangers potentiels, c’est-à-dire être en capacité de détecter. Cette détection se fait en grande partie grâce à la vue qui peut être panoramique grâce à l’utilisation des rétroviseurs.

Il faut ensuite analyser les indices formels et informels. Les indices formels sont ceux que l’ont voit distinctement, les indices informels sont ceux qui permettent de deviner qu’un danger potentiel existe (gravillon, route sinueuse, …).

La prise de décision repose sur l’analyse de la situation. Cette décision doit être sûre, il ne peut pas y a voir place à l’hésitation. En cas de danger potentiel, mais non encore visible, il est préférable d’être prudent, de ralentir, pour ne pas être surpris ou surprendre les autres usagers. Dans les arts martiaux il en est de même, l’action ne peut pas être hésitante.

Une fois la décision prise, il faut passer à l’action. Cette étape est conditionnée par la maîtrise du véhicule. C’est pourquoi l’apprentissage technique de la conduite, la connaissance du véhicule sont très importants, comme l’est le sont le corps et la technique dans les arts martiaux. Par exemple, en karaté, donner un coup de pied demande un apprentissage technique long et rigoureux. Le karatéka qui fait une technique de jambe doit connaître ses limites de souplesse et maitriser la gestuelle pour espérer réussir un coup de pied en combat.

L’anticipation joue en conduite comme dans la pratique des arts martiaux un rôle déterminant. L’anticipation permet de ne pas être surpris, ne pas être pris au dépourvu. Plus on a de l’expérience et que l’on maîtrise la technique, plus la capacité d’anticipation est grande. En conduite, regarder autour de soi et au loin tout en élargissant son champ de vision permet de capter des indices sur un danger potentiel.

Sur la route, les conducteurs utilisent une communication non verbale. Le placement sur la chaussée, la vitesse, les accélérations, l’usage des clignotants, etc. permettent de comprendre les intentions des usagers de la route. De la même manière, il est important que notre conduite indique aux autres usagers de manière non ambiguë nos propres intentions. Dans les arts martiaux aussi nous pouvons décrypter le langage du corps et les intentions de l’adversaire. La différence avec le comportement du conducteur, c’est que le but du pratiquant d’arts martiaux est de cacher ses intentions pour surprendre l’adversaire. Dans les deux situations, conduite et pratique au dojo, il faut apprendre à lire les intentions des autres.

Aujourd’hui, en ce qui concerne la conduite d’un véhicule, des études sur la conduite économe montrent qu’il faut avoir une conduite souple, douce, et anticiper le plus longtemps à l’avance sur les événements (feux, virages, dangers, …). On se rend compte aussi que cette conduite économique, dans laquelle les accélérations intempestives sont bannies, permet de manière étonnant d’arriver plus vite à destination qu’un conducteur à la conduite « sportive ». Comme dans les arts martiaux, l’agitation ne doit pas être confondue avec vitesse et dans un combat il est aussi important d’économiser ses forces.

Une autre notion, chère aux pratiquants d’arts martiaux est celle de distance de sécurité. Il est important de savoir jusqu’à quel point un adversaire peut avancer sur nous sans nous mettre en danger. Cette notion de distance de sécurité est variable selon les circonstances, mais elle doit être ressentie. Quand on conduit un véhicule nous devons aussi savoir maintenir une distance de sécurité avec le véhicule qui nous précède en fonction de la vitesse.

Une autre notion utile en combat et en conduite est le timing. Agir au bon moment est fondamental. Dans cette notion il y a plusieurs paramètres qui s’enchevêtrent : la distance, la vitesse, le rythme. En voiture, à quel moment puis changer de file, par exemple ?

Comme nous venons de le voir il y a une grande similitude entre les arts martiaux et la conduite d’un véhicule. Ce sont des expériences qui se complètent en s’enrichissent mutuellement et il est facile de transférer les compétences acquises dans un domaine dans l’autre. Si vous avez des expériences à partager à ce sujet, pensez à laisser un commentaire.

Merci et bonne conduite.

Areski

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