histoire vraie… comment se défendre ?

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Quand on a été confronté à une situation d’agression, il peut être légitime de se demander comment éviter que cela se reproduise. C’est ainsi que l’on peut s’intéresser aux différentes méthodes de combat ou système de self-défense. On se rend compte qu’il y a aujourd’hui sur le marché pléthore de disciplines qui proposent des solutions plus ou moins rapide pour une personne en recherche de technique de protection personnelle.

Quiconque s’adonne à la pratique d’un art martial sait qu’acquérir une technique de combat prend du temps et qu’être en capacité de s’adapter à différentes situations d’agression est un long processus d’apprentissage. C’est pourquoi il est difficile de dire combien de temps est nécessaire pour apprendre à se défendre. Cependant, la question que je pose est la suivante : apprendre à se défendre repose-t-il sur l’apprentissage d’une technique ou d’une méthode ?

Pour apporter un élément de réponse à cette question je vous propose de lire une histoire vécue. Il s’agit de l’histoire de Geneviève (c’est un pseudo !).

Quand j’ai commencé à enseigner, une femme sur la fin de la quarantaine se présente à moi et m’explique sa motivation pour commencer la pratique du karaté. Geneviève me raconte qu’elle s’est fait agressée. Une personne lui a arraché son sac à main. Choquée psychologiquement, elle n’a pas du tout réagit. Elle est devenue paralysée et n’a pu ni crier, ni bouger, ni résister. Cette paralysie totale, ce gel psychologique l’ont motivée à entreprendre une démarche pratique : apprendre à se défendre. Elle s’est tournée vers la karaté dans l’espoir d’y trouver un moyen de ne plus se retrouver dans la situation d’impuissance qu’elle avait vécue lors de son agression.

Lors de la première séance d’entraînement, je découvre que Geneviève à une relation particulière avec son corps. Elle est très mal à l’aise avec celui-ci, elle a honte de se mettre en mouvement car le regard des autres la dérange, de plus elle semble avoir une très mauvaise connaissance de son schéma corporel. Lors de cette première séance, Geneviève reste spectatrice et bien qu’ayant revêtit le karate-gi, elle ne s’intègre pas au cours en dehors des phases de salut du début et de fin de cours.

A l’issue de cette première séance je discute avec Geneviève pour l’encourager à continuer. Je lui explique que le karaté peut l’aider à prendre confiance en elle et qu’il est important pour elle de développer la conscience de son corps et d’apprendre à le mettre en mouvement. Je la rassure sur le groupe de pratiquant, que les gens qui viennent au cours sont bienveillants et qu’ils vont l’aider à progresser.

Je me demandais si Geneviève viendrait au cours suivant suite à cette première séance. A ma grande surprise, Geneviève revient. Petit à petit, elle participe de plus en plus aux séances. Geneviève est dyspraxique et a donc de grandes difficultés à exécuter les techniques de karaté qui sont très exigeantes sur le plan de la motricité. Je suis content de voir Geneviève prendre de plus en plus confiance en elle, de mettre son corps en mouvement et de faire abstraction du regard du groupe. Cependant, je ne peux pas dire que Geneviève réussissait facilement les exercices. Au bout de six mois, Geneviève réussissait à esquisser des techniques mais était incapable de les rendre efficientes en situation duelle, même codifiée. Sur le plan de la pratique du karaté les progrès étaient très infimes mais pour Geneviève le chemin parcouru en terme de confiance en soi et du développement du schéma corporel était impressionnant. Geneviève participait maintenant à tous les exercices, que ce soit les katas ou les situations de combat conventionnel ou libre.

A l’issue de ces six mois de pratique, Geneviève est à nouveau agressée. Etonnement, la situation d’agression est identique à ce qu’elle avait vécue la première fois : une personne cherche à lui prendre son sac à main. Cette fois-ci Geneviève n’est pas paralysée par la peur, elle réagit en se cramponnant à son sac, décidée de ne pas laisser l’agresseur s’en emparer. L’agresseur dissuadé par la résistance de Geneviève, s’enfuit. Il pensait probablement que la victime serait une proie facile, qu’elle ne saurait pas quoi faire, mais cette fois-ci il était tombé sur Geneviève, une femme déterminée à ne pas céder. Cette histoire aurait pu mal tourner si le voleur s’en était pris physiquement à Geneviève car, malgré ses six mois de pratique du karaté, elle aurait été dans l’incapacité de se défendre, mais heureusement sa détermination avait fait fuir le voleur.

Grâce à la pratique du karaté, Geneviève a su se défendre. Elle n’a pas mis hors de nuire un agresseur, elle n’a porté aucun coup, elle n’a utilisé aucune technique de karaté. Ce ne sont pas les techniques qui l’ont sauvée, c’est sa posture psychologique, sont attitude face à la situation d’agression, sa détermination de ne pas vivre une deuxième fois le traumatisme de sa première agression. Ces qualités, Geneviève les a développée dans la pratique du karaté. Bien que Geneviève ne soit pas une personne douée pour le sport en général et la pratique du karaté en particulier, elle a développé une force psychologique, une confiance en elle par le karaté. En très peu de temps elle s’est transformée, elle n’est plus la victime, la proie facile qu’elle était avant de venir s’inscrire au club.

Cette histoire illustre que la technique n’est qu’accessoire dans la situation de défense. C’est avant tout l’état mental qui importe, la position psychologique que l’on adopte. La pratique des différents arts martiaux permettent se positionnement mental. La technique et les capacités d’adaptation aux situations de combat ne doivent bien sûr pas être négligée mais elles ne seront d’aucune utilité si mentalement on n’est pas déterminé. La posture psychologique est déterminante dans un combat. Dans mon dernier livre « karaté, l’efficacité à portée de main » paru chez Budo éditions, vous pouvez lire le témoignage de Jean-Noël « faire face à une agression » page 249. Il livre son expérience de gestion de conflit dans le texte intitulé « faire face à une agression ».

Si vous avez une expérience a partager dans ce domaine, je vous invite à laisser un commentaire.

Areski

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