Le karaté, un outil

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Pour le grand public il y a le karaté, une pratique unique comme il existe le football, le tennis ou même le judo. Cependant, les pratiquants avertis savent qu’il y a une multitude de façon de pratiquer cette discipline. Il existe bien sûr les différentes écoles et styles mais aussi les pratiques orientées vers la santé, la self-défense, la compétition… Comment s’y retrouver parmi toutes ces approches d’un même art appelé karaté ?

Le karaté se caractérise par ses principes, ses techniques et sa philosophie. Mais doit-on parler du karaté ou des karatés ? En fait, il y a probablement autant de formes de karaté que d’individus, et peut-être même qu’une même personne véhicule elle-même plusieurs karatés, c’est à dire autant de formes de cet art que l’individu possède de facettes dans sa personnalité. Le karaté serait donc à la fois un tout, une unité et dans le même temps, une multitude d’étoiles, une infinité que l’on ne peut appréhender. Une sorte de fluctuation instantanée entre le microcosme et le macrocosme.

Le karaté n’est pas un but, ce n’est qu’un moyen, un outil. Cet outil s’adapte en fonction de la finalité de notre pratique, de ce que l’on recherche. Un enseignant utilise le karaté pour l’éducation des enfants par exemple. Le karaté est alors un moyen pour développer les capacités motrices de l’enfant, sa latéralité, mais aussi sa sociabilité. C’est aussi un formidable outil pour transmettre des valeurs qui seront utiles à cet adulte en construction pour qu’il puisse trouver son alignement dans la vie, une verticalité qui le reliera à lui-même et aux autres. Pendant longtemps on a cru que le karaté ne pouvait pas être enseigné aux enfants car il était considéré comme une arme dangereuse. A cette époque, le karaté n’était perçu par la majorité des pratiquants uniquement sous l’angle du combat ultime dans lequel la vie est mise en jeu. Le karaté était alors perçu comme un but et non pas comme un outil.

Dés lors qu’on comprend que le karaté est un outil, il est plus facile d’accepter ses dimensions multiples. En fonction de la finalité, de ses objectifs, il y a une façon adaptée d’utiliser le karaté, de le pratiquer.Le karaté permet à la fois de forger notre tempérament et de modeler notre personnalité mais en même temps, c’est lui qui s’adapte à qui l’on est. Comme il est l’outil, c’est lui qui est à notre service et non l’inverse. C’est pourquoi toute forme d’aliénation à la pratique est une erreur grossière, un égarement dangereux.

La forme et les techniques du karaté peuvent différer selon que l’on veuille faire de la compétition, faire du fitness, s’entretenir physiquement, se préparer à un combat d’ultimate fighting ou de K1, partager un bon moment entre copains, se libérer de son stress, apprendre à se défendre, etc. Toutes ces pratiques et bien d’autres peuvent bien sûr différer en certains points, mais elles ont dans le même temps des points en commun. La technique du karaté est à géométrie variable, elle peut être adaptée à des recherches différentes tout en gardant un fond commun. Le karaté est une forme de patrimoine dans lequel chacun peut puiser pour nourrir sa passion.

Les pratiquants de karaté cherchent souvent les détails qui les opposent alors qu’ils ont tellement de choses en commun. J’irai même plus loin, les disciplines de combat ont toutes beaucoup plus d’affinités les unes avec les autres que de différence. Il est amusant de constater que si autrefois ont a cherché à diviser les pratiques, en les segmentant, notamment en faisant un distinguo entre les techniques de percussion et de grappling, aujourd’hui, la mode est à l’unification. On voit très bien ce phénomène dans l’émergence du MMA (mixed martial arts) qui est une forme de pratique, à visée compétitive, qui cherche à réunir de nouveau ce qui a été dispersé autrefois. Je trouve assez ironique l’idée que ce qui, autrefois, avait permis la diffusion des disciplines de combat auprès du grand public, c’est à dire la segmentation des pratiques, soit maintenant délaissée au profit d’un mouvement inverse qui consiste à reconstituer une forme de combat intégrant à nouveau les techniques de percussion, de projection, de luxation, etc.

Lorsque l’on intègre que le karaté est un outil, on est alors enclin à explorer plutôt le fond que la forme. La forme a bien sûr une certaine importance, mais elle doit être dépassée, elle ne doit être qu’une voie pour s’ouvrir sur le fond. Je pense que toutes les formes de pratique nous ramènent finalement à nous même, à notre conception du monde, de l’individu, de l’humanité. Le karaté permet à chacun de poursuivre son chemin, d’aller vers sa propre réalisation. Certain y verront une voie spirituelle, d’autre un sport, un loisir, le karaté se crée et se modifie en fonction de la personnalité de chacun, il n’est rien d’autre que le reflet de nos propres désirs, de nos attentes, de nos espoirs, de nos peurs, de nos joies. Le karaté nous ressemble, c’est pourquoi il est unique pour chacun et bien que nous lui donnons tous le même nom, il reste une lueur insaisissable comme l’est le flot de nos pensée et l’immatérialité de notre âme.

Areski

Une réflexion au sujet de « Le karaté, un outil »

  1. Bonjour
    Je trouve que cette illustration de karaté est très intéressante, englobe beaucoup d’aspects sur la discipline.
    Ce que je recherche,des explications sur les différentes écoles issues de karaté, exemple : karaté do, karaté ka, karaté kochiki…etc
    Mes salutations

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