La vision périphérique

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La capacité à percevoir un danger est une pierre angulaire de toutes les disciplines de self-défense et de survie. Pour être en capacité d’anticiper le danger, il est d’abord nécessaire de le percevoir. Aujourd’hui, je souhaite prendre un peu de temps pour aborder la façon d’utiliser la vue en karaté. En effet, comment utiliser ce sens pour être en mesure de gérer au mieux une situation complexe ou conflictuelle ?

La vision, nous l’utilisons tous les jours. En karaté, comme les combats commencent souvent à distance, c’est par les yeux qu’une grande partie des informations sur les mouvements du partenaire ou de l’adversaire nous parviennent. Pour utiliser au mieux ce sens en situation de combat, il est préférable de faire appel à la vision périphérique, et je vais vous expliquer pourquoi.

Il y a deux modes de vision :
– la vision fovéale qui consiste à fixer les détails, c’est la vision centrale.
– la vision périphérique qui englobe un champs de vision large, on l’obtient en regardant sur les deux côtés en même temps.

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La vision fovéale fait référence à la vision centrale. C’est la vision faites avec la fovéa qui est la zone de la rétine qui permet de voir les détails avec précision (voir image ci-contre).
Avec la vision fovéale l’acuité visuelle est élevée, mais elle ne permet de capter que 3 à 4 images par seconde, c’est qui est très lent en comparaison de ce que peut faire la vision périphérique.

Dans la vision périphérique, l’oeil ne cherche pas une haute résolution dans les détails mais plutôt une impression d’ensemble. On a d’ailleurs une vision plutôt trouble, floue quand on est en mode vision périphérique.

Lorsqu’on adopte la vision périphérique, les images sont donc plus ou moins floues, on ne voit pas vraiment les détails. Comme l’indique le terme, il s’agit de regarder à la périphérie en cherchant d’englober un champ visuel le plus large possible. La vision périphérique couvre 99% du champ de vision.Le cerveau n’a pas besoin de voir l’environnement avec une acuité de 100% pour analyser ce qui s’y passe. La vision périphérique permet de voir 100 images par seconde, ce qui est considérable si on rapporte ce chiffre à la capacité de la vision fovéale. La perception des mouvements est ultra rapide, même la nuit. Plus on regarde en périphérie, plus la capacité de percevoir les mouvements augmentent.

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Comme nous venons de le voir, les performances de la vision périphériques sont très utiles pour le karaté où il y a beaucoup d’informations à percevoir et où les mouvements du partenaire ou de l’adversaire sont très rapides. Cela est d’autant plus vrai dans les situations où l’on est confronté à deux ou plusieurs assaillants. La vision périphérique fait plutôt appel à un traitement intuitif de la situation tandis que la vision centrale ou fovéale permet l’analyse. Ce dernier mode prend beaucoup de temps et ne peut traiter qu’un petit nombre d’informations, il n’est donc pas à privilégier dans la pratique du karaté.

Dans les exercices codifiés, les pratiquants font souvent appel à la vision fovéale, ils regardent parfois même leur propre poing quand ils frappent. De ce fait, il n’ont pas une vision d’ensemble du partenaire et ne s’entraînent pas à la vision périphérique. En revanche, en ayant une vision périphérique, il est plus difficile d’être précis car on ne fixe pas l’endroit où l’on va frapper ou parer, elle demande plus d’expérience et un meilleurs contrôle gestuel.

Dans tous les exercices, même lorsqu’on pratique le kata, il est important de s’entraîner à la vision périphérique tout en regardant loin devant comme s’il l’on souhaitait transpercer les murs du regard, si l’on s’entraîne en intérieur, où atteindre l’horizon lorsque l’on s’entraîne en extérieur.

Pour réussir la vision périphérique il faut apprendre à défocaliser, c’est à dire réussir à voir en même temps à droite et à gauche (voir image ci-dessus). Il faut apprendre à défocaliser sur un plan horizontal et vertical. Pour le plan horizontal, commencez par fixer du regard un point situé loin devant vous, puis cherchez en même temps à voir ce qui est à droite et à gauche en élargissant progressivement votre champs de vision. Pour la défocalisation verticale, comme précédemment, continuez à fixer un point loin devant vous et cherchez à voir en haut et en bas en même temps. Puis enfin, pour une vision périphérique complète, associez la défocalisation horizontale et verticale.

Je me souviens que maître Nishiyama (1929-2008) nous demandait de regarder loin devant nous en imaginant que nos yeux étaient derrière notre tête et que notre vision passait par le chakra du troisième oeil et non pas par les yeux. Pour cela, il nous disait de laisser légèrement tomber les paupières. Il insistait souvent sur la qualité du regard probablement parce qu’il permet d’agir avec intuition.

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Au delà des capacités visuelles, la vision périphérique aide aussi à entrer dans un état de conscience différent. C’est une méthode d’induction qui peut être utilisée pour entrer en auto-hypnose. La vision périphérique permet de faire le vide en soi et de se centrer. L’œil n’est donc pas seulement un outil pour appréhender l’extérieur, il nous peut aussi nous conduire à l’introspection, à s’observer intérieurement. Ainsi, en adoptant une vision panoramique globale, vous pouvez arrêter le flot de vos pensées et vous mettre dans un état qui est recherché en méditation. Cet état de non pensée vous aide à vous libérer de votre Ego, à être plus disponible, plus intuitif, plus réceptif à ce qui vous entoure tout en étant à l’écoute de votre être intérieur.

Je vous recommande de pratiquer la vision périphérique au quotidien, quand vous marchez par exemple. Ainsi votre promenade ou votre trajet jusqu’au travail deviendra un moment de méditation active où votre vigilance sera sollicitée comme dans la pratique du karaté.

Areski

sources : wikipédia
article sur la vision

 

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