Attache-moi !

Les arts martiaux sont par définition les arts de la guerre. Ce que l’on pratique aujourd’hui, le karaté, le judo, l’aikido, le kendo, sont des arts guerriers désuets au regard de ce qu’est la guerre aujourd’hui et de l’armement utilisé. C’est pourquoi les arts martiaux japonais sont plutôt destinés aujourd’hui au développement personnel, à l’éducation physique et mentale, mais aussi au sport. Les arts martiaux peuvent aussi mener à des voies assez inattendues, en témoigne le passage du livre de Chantal Deltenre et Maximillien Dauber, « Japon Miscellanées », editions Pocket.

Le bondage est connu aujourd’hui comme une pratique sadomasochiste consistant à ficeler sa ou son partenaire comme un saucisson afin d’agrémenter un rapport sexuel. Dans un tout autre contexte, cette technique évoque au Japon une pratique ancestrale de torture, apparentée aux arts martiaux et remontant à une des périodes les plus noires de l’histoire de l’archipel, celle de Sengoku (quinzième – seizième sicèle).

C’était alors un art du ligotage militaire dont les raffinements se déclinaient selon le rang des personnes à châtier.

Les noeuds, ouverts ou fermés, permettaient d’immobiliser fermement le détenu sans mettre sa vie en danger et avec le respect dû à son rang. Nobles et samourais ne pouvaient être entravés  que selon certaines codes où leur honneur restait sauf.

De nos jours, le shibari, art de ligoter, désigne un ligotage progressif, à destination érotique, qui diffère du bondage à l’occidentale par l’effet esthétique recherché et la stimulation des centres d’énergie de l’intérressé(e).

Pour ceux que cet art intéresse, des cours théoriques et pratiques sont prodigués par des nawashi, maîtres du shibari, dans toutes les grandes villes de l’archipel.

Le seul équipement nécessaire est la corde, le plus souvent en chanvre, en jute ou en nylon (moins prisé car les noeuds on tendance à glisser). Et bien sûr la ou le partenaire dont les photos (essentiellement féménines, faut-il le préciser ?) déferlent dans les publications spécialisées et les expositions de photos où cet art de réaliser des figures diverses (crevettes, carpace de tortue, …) en ligotant les corps est mis à l’honneur.

A noter qu’il existe aussi un bondage de suspension où le sujet entravé est littéralement pendu. Le plus dangereux n’est pas de lier le sujet, mais de le délier…

Japon Miscellanées, auteurs Chantal et Maximillien Dauber, ed. Pocket

Article wikipédia sur l’art du ligotage militaire hojôjutsu

Vidéo sur l’art de ligoter hojôjutsu

 Areski

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