YAKUZA

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Les yakuzas font partie de l’histoire de la structure sociale  du Japon. On ne connaît pas très bien l’origine de cette mafia, quoiqu’il existe plusieurs hypothèses à ce sujet. Cependant, on arrive à identifier le développement des différents clans de yakuzas au début de l’ère Meiji (1968). Les yakuzas sont des gangsters très entraînés, et très renommés pour leurs tatouages, leurs limousines rutilantes et assez souvent l’absence de la première phalange de leur petit doigt, ce qui est un signe distinctif. Les groupes de yakuzas, les clans, ne sont pas des sociétés secrètes, ces membres du crime organisé vivent de manière tout à fait ouverte et publique.

Les yakuzas ont d’une certaines manière garder une forme d’héritage des guerriers japonais d’antan. Leur code d’honneur est basé sur celui du bushido, la voie du guerrier car dit-on qu’au XVème siècle, beaucoup de rônins, des samourais sans maître, ont intégré les sociétés de yakuzas. C’est peut-être à cause de cela que l’on trouve beaucoup de yakuzas dans la pratique de certains arts martiaux.

Les yakuzas agissent dans des domaines très sophistiqués, ils vivent de l’extorsion de fonds, de rackets, de la prostitution et de la drogue. Ils sont aussi très impliqués dans l’industrie de la construction et possèdent principalement l’univers des jeux, les pachinko (salle de jeux avec machines à sous). Toutes les tentatives du gouvernement et des lois pour infléchir leur activité se sont avérées futiles pour éradiquer le phénomène. Le nombre de yakuzas a certe diminué mais reste important. Les yakuzas aiment se montrer et se mettre en avant, c’est pourquoi ils sont souvent habillés de vêtements occidentaux en soie et conduisent de luxueuses voitures américaines. La police japonaise accepte simplement leur existence et ne cherchent à intervenir que s’il y a un incident grave et sérieux. Il faut savoir qu’il y a eu par le passé, notamment au début du XXème siècle des liens très étroits entre les yakuzas et le gouvernement, ce dernier ayant fait appel aux membres du crime organisés durant différentes guerres.

Heureusement, il est rare pour les yakuzas d’embêter les hommes d’affaires ou les touristes étrangers. Aussi est-il peu probable que vous les rencontriez. Il est bien sûr recommander de garder vos distance si vous vous trouvez dans un environnement où les yakuzas sont en activité.

Lors d’un de mes voyages au Japon, lors de l’été 2014, il m’est arrivé de croiser des yakuzas. J’étais à Tokyo et j’avais l’habitude d’aller de temps à autre dans un sentô, un bain public, dans la banlieue ouest à Nakano. Dans ces bains japonais, tout le monde est nu, il y a un espace pour les hommes et un autre pour les femmes. Normalement, les personnes qui portent des tatouages ne peuvent pas entrer dans ces lieux publics. L’une des raisons est que les tatouages sont associés à la mafia japonaise, les yakuzas, ce qui pourrait faire peur au public.

Je suis donc dans un bain très chaud et je vois une personne avec de nombreux tatouages sur le dos. Je suis très surpris et je me demande s’il serait une bonne idée d’aller le voir et de lui demander pourquoi on l’a autorisé à entrer dans cet établissement de bains publique. Je continue à regarder autour de moi et je m’aperçois qu’il y a d’autres personnes qui arborent des tatouages dans ce sentô. Je commence donc à me demander s’il y a un lien entre toutes ses personnes, si elles se connaissent. Puis finalement j’en vois deux qui se parlent et entrent dans le même bain que moi. Je fais mine de les ignorer et je vois plus loin, un homme beaucoup plus âgé que les autres, ses cheveux sont blancs, mais malgré son âge il a une certaine vigueur. Avant d’entrer dans les bains il faut se laver, à cet effet il y a toujours des douches et des robinets qui sont généralement situés à la hauteur d’être utilisés assis sur un petit tabouret. Ce lavage préliminaire au bain relaxant est très important et il faut bien se frotter et se savonner ! Le vieil homme est donc assis sur un tabouret en plastique devant une unité de douche et de robinets. Il est tatoué sur le dos et les bras. Un homme plus jeune, d’environ 45 ans a une petite serviette blanche mouillée qu’il utilise pour laver l’homme dont l’attitude est celle d’un maître, d’un chef.

Plus j’observe ces hommes tatoués, plus je me rends compte qu’il y a un lien entre eux et j’arrive même à établir une hiérarchie. Il y a des jeunes hommes dans leur trentaine et d’autres plus âgés de 40 ans et plus. Le plus impressionnant d’entre eux et le vieil homme qui se faisait laver. Quand la toilette est terminée, tous les autres hommes tatoués sont autour de lui pour lui ouvrir les portes, pour lui apporter une serviette… C’est visiblement le chef. Un moment donné le chef part en direction des vestiaires et tous les autres hommes tatoués le suivent dans le même temps que d’autres le précédent pour ouvrir les portes. Je me trouve à ce moment-là aussi dans le vestiaire et je comprends qu’il s’agit probablement d’un groupe de yakuzas. Je ne sais pas pourquoi ils ont pu entrer dans ce bain public, mais ils semblaient y être habitué ainsi que les autres clients, leur présence ne semblait pas déranger qui que ce soit. J’aurais bien aimé pouvoir converser avec eux, mais je pense que j’aurais alors pris le risque de me mettre en danger. Cependant, le simple fait de voir pour la première fois un groupe de yakuza fut une expérience intéressante. J’ai lu dans un guide touristique que si l’on veut engager la conversation avec un japonais pour lier d’amitié, il est préférable de ne pas aborder le sujet des yakuzas car il ne sont pas supposés « exister »…

Areski

Article Wikipédia sur les Yakuzas

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