PROGRESSER 5 – planifier une séance

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Dans cet article nous allons aborder une façon d’organiser une séance à partir d’un thème. Je parle ici d’une séance de découverte, d’initiation ou de perfectionnement que je distingue du renforcement qui consiste à répéter une technique, un kata ou autre exercice pour l’intégrer, l’automatiser. Le travail de renforcement est une composante importante de l’entraînement mais ne nécessite pas une analyse poussée de la pratique et de la discipline, ce travail consiste principalement, comme je viens de le mentionner, à répéter, refaire ce que l’on connait déjà. Dans la découverte, l’initiation et le perfectionnement, l’enseignant propose des situations qui permettent à l’élève d’explorer de nouvelles dimensions de la pratique et d’aller plus loin dans l’acquisition technique et tactique.

Nous avons vu dans les articles précédents comment analyser sa pratique et notamment une technique. Cette analyse débouche sur une liste d’objectifs susceptibles d’être travaillés pour améliorer un domaine précis de la discipline. Ces objectifs ont bien sûr des interconnections les unes avec les autres et bien qu’il ne soit pas possible des les isoler complétement, il est possible d’en mettre un en avant pour le travailler de manière plus spécifique. Dans l’article précédent nous avons abordé comment à partir d’un objectif il est possible de créer des exercices. Ces exercices doivent mettre l’apprenant dans une situation d’apprentissage, c’est à dire une situation où il est acteur et cherche une solution à un problème. Dans l’idéal, l’exercice doit permettre à l’apprenant d’évaluer par lui-même s’il a réussi ou non.

Je vous propose d’aller plus loin dans l’analyse d’une technique ou d’un domaine de la pratique. Nous avons effectivement vu comment trouver un objectif de travail. Cet objectif, peut lui même être analysé pour mieux comprendre quelles sont les interactions qu’il existe entre lui et les autres objectifs. Prenons l’exemple d’un objectif, « l’équilibre ». Posons-nous la question : « quels sont les paramètres qui peuvent influencer positivement l’équilibre ou le compromettre ? ». De ce questionnement nous pouvons par exemple trouver les réponses suivantes :

  • le regard, en effet, si l’on ferme les yeux ou si le regard est mal orienté, l’équilibre est plus difficile
  • la respiration : un respiration bloquée compromet l’équilibre, l’équilibre est différent selon que la respiration est ventrale ou thoracique.
  • les appuis, on se rend compte en faisant un coup de pied que selon que l’appui se fait sur le bol du pied oui la plante en entier, l’équilibre est plus ou moins difficile.
  • le relâchement musculaire. Un excès de tension musculaire, raidit les corps qui a alors du mal à se maintenir en équilibre, notamment en ajustant ce dernier la finesse. Il est nécessaire de trouver la tension juste, ni trop contracté, ni trop relâché.
  • la posture : par exemple, sur un coup de pied, l’inclinaison du corps influe sur l’équilibre, cette inclinaison doit être adaptée.
  • la connexion : une mauvaise connexion entre le bas et le haut du corps peut rendre l’impact d’un coup de pied inefficace et compromettre l’équilibre.
  • la trajectoire. Celle-ci influe bien sûr sur l’équilibre d’un coup de pied par exemple.
  • la souplesse, quand on vas au delà de ses capacités de souplesse, notamment dans un coup de pied, on compromet son équilibre. Dans ce cas, le manque de souplesse lors d’un coup de pied exécuté au niveau haut, par exemple, va compromettre l’appui qui se fera en décollant le talon, donc en réduisant la surface de contact au sol. Cette élévation exagérée de la jambe va aussi influer sur la posture et probablement le relâchement musculaire, voire la respiration. On voit ainsi qu’il y a un lien étroit entre les différentes composantes qui influent sur l’équilibre.

Les réponses au questionnement sur ce qui peut influer sur l’équilibre nous permet de trouver des objectifs de travail que j’appelle objectifs secondaires ou intermédiaires. Nous avons ainsi :

  • un objectif principale : L’EQUILIBRE
  • des objectifs secondaires potentiels :
    • le regard
    • la respiration
    • les appuis / l’appui
    • le relâchement musculaire
    • la posture
    • la connexion
    • la trajectoire
    • la souplesse

 Pour organiser ma séance, je vais déterminer une stratégie. C’est-à-dire que je vais proposer un cheminement, un itinéraire, c’est le plan de séance. Le plan de séance consiste à mettre sur papier la façon dont on souhaite procéder pour aller d’un point A vers un point B, soit ici dans notre exemple, comment améliorer l’équilibre des élèves si l’on est dans le cadre d’un enseignant qui souhaite construire un cours pour des élèves.

Pour construire un plan de séance on va donc avoir comme ligne directrice l’objectif principal, ici « l’équlibre » et choisir parmi toutes les idées trouvées ci-dessus, quelques objectifs secondaires pour donner une architecture au cours. Par chacun des objectifs secondaires nous allons ensuite élaborer des exercices et des éducatifs, comme nous l’avons vu dans l’article précédent, pour donner la densité et le contenu du cours. Il y a donc plusieurs façon d’aborder le même sujet.

Donc mon objectif principal est de travailler l’équilibre. Je peux par exemple sélectionner trois objectifs secondaires qui vont être ma trajectoire de cours, par exemple : le regard, les appuis, la posture. Je peux donc maintenant construire mon cours en commençant par un échauffement général qui sera suivi d’un échauffement spécifique. Dans le cadre de cet exemple, je peux choisir des jeux qui sollicitent l’équilibre chez les élèves :

  • marche sur une ligne : marcher sur une ligne ou une ceinture
  • jeu d’opposition : se mettre par deux, chacun est sur en appui sur une jambe et cherche à déséquilibrer le partenaire en poussant.

Je vais ensuite créer des exercices en lien avec l’équilibre pour les objectifs secondaires que j’ai choisi. Je dois à chaque fois me poser la question : « est-ce que l’exercice que je propose est en relation avec avec la problématique de départ, ici donc l’équilibre ? ».

Je cherche à faire évoluer mes exercices en plusieurs phases pour les exploiter en amplifiant la difficulté de manière graduelle. Prenons comme exemple un exercice pour faire prendre conscience de l’importance du regard dans l’équilibre :

  • phase 1 : se mettre sur une jambe en regardant devant soi
  • phase 2 : se mettre sur une jambe et regarder à droite et à gauche
  • phase 3 : se mettre sur une jambe et regarder de bas en haut
  • phase 4 : se mettre sur une jambe et regarder un cercle imaginaire (faire des ronds avec la tête), dans le sens des aiguilles d’une montre puis l’inverse
  • phase 5 : se mettre sur une jambe et fermer les yeux

Vous pouvez constater qu’il s’agit du même exercice, seules les consignes donnent une dimension différente à l’exercice. Il y a des difficultés différentes en fonction de la façon d’utiliser le regard qui influencent l’équilibre. A la fin de l’exercice, il est bon de faire un débriefing avec les élèves pour avoir un retour sur le vécu et l’efficacité du travail proposé.

Vous avez donc maintenant une structure de cours qui ressemble un peu à ceci :

  • OBJECTIF PRINCIPAL
    • ECHAUFFEMENT
      • échauffement général
      • échauffement spécifique
    • OBJECTIF SECONDAIRE 1
      • exercice 1
      • exercice 2
    • OBJECTIF SECONDAIRE 2
      • exercice 1
      • exercice 2
    • OBJECTIF SECONDAIRE 3
      • exercice 1
      • exercice 2
    • EVALUATION
    • RETOUR AU CALME

Il faut ensuite, en fonction de la durée du cours ajuster le nombre et la durée des exercices. Vous pouvez inscrire tout cela  dans un tableau et faire éventuellement des croquis pour que la relecture soit aisée afin d’être opérationnel durant la séance. Les exercices doivent être testés à l’avance pour juger de leur pertinence. Il faut aussi réfléchir à la façon de les présenter et aux consignes. Mais nous verrons tout cela dans un article consacré à l’animation de la séance.

J’espère que cette introduction à la méthodologie sur l’élaboration d’un plan de séance vous aidera à améliorer votre enseignement mais aussi à organiser votre entraînement personnel pour progresser de manière optimum.

Areski

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