Les 9 projections de Funakoshi

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Dans un précédent « Les projections en karaté » article j’ai traité des techniques de projection, nage-waza, dans le karaté anciens, que l’on retrouve aujourd’hui grâce à la mise en application des katas avec un partenaire. J’y mentionnais aussi les 9 projections que Gichin Funakoshi décrit dans son ouvrage « karate-do kyohan« . Il me semblait important de présenter ces techniques aux lecteurs qui ne les connaissent pas, d’autant plus qu’on y trouve clairement des applications de certains katas.

1- Byobu-daoshi – renverser un paravent / bascule du paravent

La première technique de projection démontrée par Gichin Funakoshi (à gauche) fait référence au fait de renverser un paravent pliant byöbu 屏風. La technique est simple, elle est démontrée sur une attaque de poing au visage.

Funakoshi pare l’attaque avec la main gauche ouverte en reculant la jambe droite. Il riposte en avançant la jambe droite pour la placer derrière la jambe avant de l’adversaire et simultanément il frappe au menton avec la paume de la main droite. Dans l’action, il balaye la jambe adverse.

2-Koma-nage – la toupie en rotation / la projection toupie

Koma fait référence à une toupie et nage à une projection, koma-nage peut donc aussi se traduire la projection toupie. Le principe consiste ici de faire tourner l’adversaire pour le faire tomber. Le point clé est d’utiliser la force de l’attaque et d’exécuter le mouvement sans s’arrêter.

L’attaquant à droite attaque Gichin Funakoshi à gauche avec un coup de poing droit au visage. Funakoshi recule pour absorber l’attaque et la dévie avec le poignet droit, un peu comme dans les katas jitte et naihanchi shodan (tekki shodan). Puis, tout en saisissant le poignet droit de l’attaquant, Funakoshi avance en plaçant sa main gauche contre le coude pour exercer un effet de levier. Il force ensuite le bras droit de l’attaquant vers le bas et vers sa gauche tout en pivotant.

3-Kubi-wa – encercler le cou / la ceinture au cou

Kubi signifie cou et wa la roue ou le cercle, ici kubiwa désigne une projection où l’on encercle le cou adverse, mais dans la langue courante japonaise, kubiwa est un collier.

Comme dans la situation précédente, l’attaquant à droite, exécute un coup de poing droit au visage. Gichin Funakoshi recule le pied gauche et pare avec la main droite ouverte puis continue en crochetant le bras adverse avec son poignet droit pour dévier l’attaque vers le bas et déséquilibrer légèrement l’adversaire vers l’avant, ce qui a pour effet d’amener sa tête en avant. Cette situation n’est pas représentée sur les photos, on ne voit que le début de la parade.
Ensuite, Funakoshi riposte avec un coup de paume au menton en passant sa jambe droite derrière celle de l’attaquant (deuxième photo).
Funakoshi continue à glisser sa jambe vers l’avant et encercle le cou adverse du bras droit et le renverse en arrière et vers le bas.

Cette application est très intéressant car on y voit clairement une application du kata heian sandan pour le passage qui suit le premier kiai (photo ci-dessous).

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4- Kata-wa-guruma / kata-sha-rin – la demie-roue / la roue d’épaule

Kata désigne ici l’épaule ou les épaules, l’idéogramme est différent de celui utilisé pour désigner les formes codifiées.

Dans cette application l’attaquant lance un coup de poing en avançant au niveau moyen. Funakoshi recule la jambe gauche et intercepte l’attaque avec le poignet droit comme dans l’application n°2. Il glisse ensuite sa jambe droite vers l’avant à l’intérieur de la jambe avant adverse et dans le même temps, il saisit le cou avec son bras droit et place sa main gauche sous sa cuisse droite. Pour projeter l’adversaire, Funakoshi lève haut la jambe droite de l’attaquant tout en tirant le cou vers sa droite.

On peut voir distinctement dans cette technique une application de passages qui se trouvent dans kanku-dai et bassai-dai.

5-Tsubame-gaeshi – L’hirondelle virevoltante

On dit que Funakoshi était réputé pour sa poésie et qu’il y avait recours pour nommer les techniques, et c’est semble-t-il le cas dans celle-ci. Tsubame c’est l’hirondelle, c’est aussi le nom donné à un train à très grande vitesse, le Shinkansen.

L’attaquant à droite avance avec un coup de poing au visage que Gichin Funakoshi accueille avec une parade en croix, jôdan-jûji-uke, tout en reculant sa jambe gauche. Il saisit ensuite le poignet adverse de sa main gauche tout en contrant simultanément au visage avec le revers du poing droit (deuxième photo).
Funakoshi  tourne alors sur son pied droit dans le sens inverse des aiguilles d’une montre tout en s’abaissant pour s’agenouiller. Simultanément il contrôle le coude du bras adverse avec sa main droite puis tire le bras vers le bas pour projeter l’attaquant.

On peut identifier dans cette technique une application d’un passage vers la fin du kata jion.

6-Yari-dama – Lancer une balle / l’estocade

Dans cette application, lorsque l’attaquant avance pour donner un coup de poing au visage du bras droit, Gichin Funakoshi avance la jambe droite tout en parant l’attaque avec la main gauche. Il place alors immédiatement sa main droite au niveau des parties génitales. Il projette l’attaquant en tirant le bras droit de l’attaquant vers l’avant tout en soulevant la main droite pour projeter. Gichin Funakoshi semble utiliser la position shiko-dachi sur les photos.

J’aimerai bien savoir quelle application de kata vous voyez dans cette technique. Pour ma part je pencherai pour un bunkai d’un passage de jitte et de kanku-dai...

7-Tani-otoshi – Projeter depuis une falaise / le précipice

Cette technique ressemble à un mouvement classique de judo, ippon-seoi-nage, voir vidéo ci-dessous.

L’attaquant avance toujours en coup de poing au niveau du visage. Gichin Funakoshi recule la jambe droite tout en parant l’attaque. Il s’empare du poignet avec la main gauche et la tire vers lui en frappant simultanément du poing droit au plexus. Funakoshi avance ensuite sa jambe droite pour l’amener derrière la jambe avant de l’attaquant. Il passe ensuite le bras de ce dernier par-dessus son épaule en le soumettant à une torsion, pour terminer par une projection (deuxième et troisième photos).

Cette application est présente dans presque tous les katas, elle peut être l’illustration des passages où l’on exécute une rotation identique à celle que l’on fait après le premier kiai de heian shodan (pinan shodan).

8- Ude-wa – Encercler à l’aide des bras / la ceinture

Vous allez facilement trouver d’où vient cette application… pour ceux qui connaissent le kata bassai-dai.

Ici l’attaquant avance et attaque des deux mains au visage. En fait, peu importe s’il s’agit de deux coups de poing ou d’une tentative de saisie. Gichin Funakoshi recule la jambe gauche et fait une double parade vers la haut (première photo). Il glisse ensuite vers l’avant et frappe des deux poings, en forme de marteau de fer tetsui, aux flancs. Gichin Funakoshi continue de glisser et renverse l’attaquant en poussant avec l’épaule droite tout en tirant les jambes vers lui avec ses deux mains.

9- Saka-tsuchi / gyaku-zuchi – Pilonner en renversant / le marteau renversé

Voici une application d’une grande dangerosité, à pratiquer avec beaucoup de précaution. Elle consiste à renverser l’adversaire de façon à mettre sa tête vers le sol et à le pilonner contre terre.

L’attaquant avance avec un coup de poing droit au visage. Gichin Funakoshi recule la jambe gauche et dévie l’attaque avec une parade vers le haut du bras droit, jôdan age-uke. Il glisse ensuite son épaule droite sous l’aisselle de l’attaquant en glissant vers l’avant. Puis il baisse les hanches pour passer son bras gauche sous cuisse gauche de l’attaquant. Il lève et retourne l’adversaire pour frapper sa tête contre le sol.

Vidéo démontrant les 9 projections de Gichin Funakoshi

Cette vidéo va vous aider à mieux comprendre les explications données ci-dessus.

Areski

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