Redéfinir sa relation aux autres par le « don »

On dit souvent que l’on ne peut pas progresser seul, que l’on a besoin de partenaires à l’entraînement. Cela implique donc un échange, je donne et je reçois. J’aimerais aller un peu plus loin dans cette notion de don de soi. A priori, à l’origine la démarche qui amène une personne dans un dojo est un peu égoïste. Elle vient pour y chercher quelque chose pour satisfaire une attente, un désir. A la lumière de cette démarche, la personne est tournée plus vers elle-même que vers les autres. L’échange avec le partenaire n’est donc qu’un moyen, une situation qui permet à cette personne de se remplir d’une expérience, d’un savoir, etc. Le don de soi est donc ici en quelque sorte « calculé », je donne et je reçois. Il n’y a bien sûr pas de mal à cela et j’aimerais ne pas tomber dans une forme de jugement. Néanmoins, je pense qu’en réfléchissant sur la relation que l’on a avec les partenaires du dojo, tout comme à l’extérieur de celui-ci, nous pouvons changer notre perception du monde. Lire la suite

Danse et karaté à Okinawa

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On dit souvent qu’il y a un lien entre la danse d’Okinawa et le karaté. Maître Nagamine Shoshin écrit dans son livre « the essence of Okinawan karate-do » ed. Tuttle que l’un de ses maitres, Arakaki Ankichi (1899 – 1927) lui a montré la relation qu’il existe entre le karaté et la culture d’Okinawa et lui a ouvert les yeux sur la beauté du karaté. Maître Nagamine dit aussi que Arakaki expliquait à ses élèves que le karaté et les danses d’Okinawa ont des points en commun, notamment dans en ce qui concerne la dynamique des mouvements. Pour Arakaki, le karaté est né de l’instinct de l’homme pour survivre tandis que la danse prend sa source dans le désir de l’homme à exprimer ses émotions. Selon Arakaki, un pratiquant de karaté devrait étudier les différences et les points communs entre ces deux arts, et pour cela, pratiquer la danse. Arakaki Ankichi était lui-même un excellent danseur, il avait une grande connaissance du répertoire théâtral et s’intéressait à la poésie. Lire la suite

Les blocages n’existent pas !

Je souhaite traiter ici d’une mystification incroyable, celle des blocages en karaté. Je sais que dire que les blocages n’existent pas est une affirmation qui va en choquer plus d’un, j’ai moi-même mis plus de dix ans avant de l’accepter. En effet, difficile après vingt ans de pratique de se rendre compte que l’on fait des choses stupides et inutiles, voir même dangereuses en situation de conflit réel où l’on risque de perdre la vie à cause d’une illusion sans cesse alimentée pendant de nombreuses années.

Lorsqu’un jour un de mes senpai m’a dit que les blocages ne servaient à rien, je ne lui ai pas répondu par politesse. Cependant, à l’intérieur de moi, j’étais choqué, je me demandais pourquoi il disait une telle chose. N’est-ce pas ce que l’on fait à l’entraînement, travailler les blocages, les parades, et surtout améliorer la capacité à bloquer et riposter dans un temps le plus rapide qu’il soit. Pourquoi mon senpai me disait-il une chose pareille ? Quand on nous attaque avec détermination, il faut bien faire un blocage pour ne pas être touché, non ? Si le karaté est un art de défense, il est bien normal que l’on se défende en premier avec une parade, ne dit-on pas que les katas débutent tous avec une parade pour illustrer cela ?
Ce jour-là, la graine était plantée et il a fallu dix ans pour qu’elle germe et transforme à tout jamais ma pratique et ma vision du karaté.

Alors, voulez-vous prendre la pilule rouge ou la pilule bleue (matrix) ? Avec la pilule rouge vous pouvez voir la réalité telle qu’elle est, avec la pilule bleue vous continuez à vivre dans un bonheur artificiel. Lire la suite

Leçon de japonais n°7

Les salutations

Continuons sur la lancée de nos leçons de japonais. Nous avons déjà bien avancé et il est temps d’aborder un aspect fondamental des relations sociales, la façon de saluer, dire bonjour, au revoir, merci, etc.

Tout comme en français, la façon de dire bonjour change en fonction du moment de la journée. Le matin on dit おはよう ございます ohayô gozaimasu, c’est la forme polie, entre amis ou membre de la même famille on dit simplement おはよう ohayö. A partir de midi on salut en disant  こんにちは konnichiha, remarquez que l’hiragana はse prononce ici wa (au lieu de ha). こんにちは konnichiha, peut cependant s’utiliser à n’importe quel moment de la journée quand on n’est pas trop sûr de soi sur la bonne formule à utiliser. Enfin, le soir on dit こんばんは konbanwa. Vous êtes maintenant armés pour entrer dans un dojo japonais et saluer les personnes qui s’y trouvent de manière appropriée. Lire la suite