Kinkakuji – le pavillon d’or

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Me voilà à Kyoto, une belle ville du Japon, avec une ambiance de nostalgie du passé. Kyoto ce sont plein de temples et une architecture à l’ancienne, des maisons en bois dont beaucoup d’entre-elles sont anciennes. Il y a encore des petites rues où l’on peut se perdre et où les voiture ne passent pas souvent. C’est une ville colorées par les passants qui portent des tenues traditionnelles (yukata), souvent des touristes qui louent pour une heure ou une journée une tenue pour se fondre dans l’ambiance de la ville et profiter de l’été à la japonaise.

Aujourd’hui je veux vous faire profiter des images que j’ai prises au pavillon d’or. C’est un bâtiment que j’adore et et c’est le premier que je suis allé visité après être arrivé à Kyoto. Je laisse le soin à Wikipédia de vous donner quelques informations sur son histoire (ci-dessous). Lire la suite

Katas, poésie et symboles

Paysages de Laponie

L’expansion du karaté commence au début du XXème siècle lorsque maître Gichin Funakoshi (1860 – 1957), fait une démonstration Tokyo en 1922. Cette prestation rencontre un vif succès, ce qui l’oblige finalement à rester plus longtemps que prévu sur l’île principale de l’archipel nippone. Gichin Funakoshi a alors 54 ans, il restera jusqu’à la fin de ses jours à Tokyo pour consacrer le restant de sa vie à l’enseignement et la diffusion du karaté auprès du grand public.

Gichin Funakoshi était un lettré, il occupait la position d’instituteur quand il vivait à Okinawa. C’était aussi un poète et utilisait comme nom de plume « Shoto » qui signifie « vague des pins », faisant référence au bruit du vent qui souffle et passe à travers les pins, imitant le son des vagues de l’océan. Son nom de plume sera repris par ses élèves pour caractériser le karaté du maître en le dénommant « shotokan » (la maison de Shoto ».

Pour mieux faire accepter le karaté au Japon durant une période historique très critique où tout ce qui avait rapport avec la Chine était mal vu, Gichin Funakoshi entreprend de modifier les termes utilisés dans le karaté d’Okinawa. En effet, ces termes ont une consonance chinoise et Gichin Funakoshi va les modifier pour une terminologie japonaise. Il change ainsi le terme « tôde » qui signifie « la main de Chine » en « karaté » qui veut dire « main vide », puis il modifie aussi le nom des katas.

Dans cette entreprise pour renommer les katas, Gichin Funakoshi apporte semble-t-il sa sensibilité de poète, et c’est ici le sujet de cet article. Lire la suite

Le coup qui tue

Au début de la diffusion du karaté à travers le monde au milieu du XXème siècle, cet art martial avait une réputation de dangerosité mortelle. On disait qu’un karatéka pouvait tuer une personne d’un seul coup et qu’il devait se déclarer au commissariat car ses mains et ses pieds étaient des armes mortelles comme peuvent l’être les armes blanches, un mythe était né.

Cette idée que le karaté est un art dangereux vient probablement de l’expression ikken hissatsu 一拳必殺 qui signifie « tuer à coup sûr d’un seul coup ». Bien que cela puisse paraître anodin pour certains, cette expression a eu une influence importante sur le développement du karaté et la façon de le pratiquer encore aujourd’hui. Lire la suite

Zenkutsu-dachi d’hier et d’aujourd’hui

La photo ci-dessus représente la posture zenkutsu-dachi. Elle est caractérisée par une fente avant qui positionne le poids du corps d’une manière plus importante vers l’avant. C’est une des positions de base en karaté. Il y a trois positions fondamentales qui permettent de répartir le poids du corps de manières différentes : vers l’avant (ici le zenkutsu-dachi), au milieu et enfin vers l’arrière.

Le karaté a évolué et la position zenkutsu-dachi a aussi connu des transformations. On peut d’ailleurs remarquer qu’en fonction des écoles elle est réalisée de manière différente. Le but de cet article et d’étudier l’évolution et les métamorphoses qu’a subit la position zenkutsu-dachi et de comprendre pourquoi. Lire la suite

Danse et karaté à Okinawa

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On dit souvent qu’il y a un lien entre la danse d’Okinawa et le karaté. Maître Nagamine Shoshin écrit dans son livre « the essence of Okinawan karate-do » ed. Tuttle que l’un de ses maitres, Arakaki Ankichi (1899 – 1927) lui a montré la relation qu’il existe entre le karaté et la culture d’Okinawa et lui a ouvert les yeux sur la beauté du karaté. Maître Nagamine dit aussi que Arakaki expliquait à ses élèves que le karaté et les danses d’Okinawa ont des points en commun, notamment dans en ce qui concerne la dynamique des mouvements. Pour Arakaki, le karaté est né de l’instinct de l’homme pour survivre tandis que la danse prend sa source dans le désir de l’homme à exprimer ses émotions. Selon Arakaki, un pratiquant de karaté devrait étudier les différences et les points communs entre ces deux arts, et pour cela, pratiquer la danse. Arakaki Ankichi était lui-même un excellent danseur, il avait une grande connaissance du répertoire théâtral et s’intéressait à la poésie. Lire la suite

Les blocages n’existent pas !

Je souhaite traiter ici d’une mystification incroyable, celle des blocages en karaté. Je sais que dire que les blocages n’existent pas est une affirmation qui va en choquer plus d’un, j’ai moi-même mis plus de dix ans avant de l’accepter. En effet, difficile après vingt ans de pratique de se rendre compte que l’on fait des choses stupides et inutiles, voir même dangereuses en situation de conflit réel où l’on risque de perdre la vie à cause d’une illusion sans cesse alimentée pendant de nombreuses années.

Lorsqu’un jour un de mes senpai m’a dit que les blocages ne servaient à rien, je ne lui ai pas répondu par politesse. Cependant, à l’intérieur de moi, j’étais choqué, je me demandais pourquoi il disait une telle chose. N’est-ce pas ce que l’on fait à l’entraînement, travailler les blocages, les parades, et surtout améliorer la capacité à bloquer et riposter dans un temps le plus rapide qu’il soit. Pourquoi mon senpai me disait-il une chose pareille ? Quand on nous attaque avec détermination, il faut bien faire un blocage pour ne pas être touché, non ? Si le karaté est un art de défense, il est bien normal que l’on se défende en premier avec une parade, ne dit-on pas que les katas débutent tous avec une parade pour illustrer cela ?
Ce jour-là, la graine était plantée et il a fallu dix ans pour qu’elle germe et transforme à tout jamais ma pratique et ma vision du karaté.

Alors, voulez-vous prendre la pilule rouge ou la pilule bleue (matrix) ? Avec la pilule rouge vous pouvez voir la réalité telle qu’elle est, avec la pilule bleue vous continuez à vivre dans un bonheur artificiel. Lire la suite

Kata : faut-il revenir au point de départ ?

Dans son livre de référence, maître Gichin Funakoshi écrit « Dans nombre de katas de kara-te, la position finale est identique à celle de départ. ». Vous remarquerez qu’il écrit bien « dans nombre de cas« , ce qui laisse entendre que ce n’est pas toujours le cas. Cependant, comme nous le verrons plus loin, nombre de katas ont été modifiés ou arrangés afin qu’ils se terminent à l’endroit de départ. Lire la suite

Le karaté, un outil

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Pour le grand public il y a le karaté, une pratique unique comme il existe le football, le tennis ou même le judo. Cependant, les pratiquants avertis savent qu’il y a une multitude de façon de pratiquer cette discipline. Il existe bien sûr les différentes écoles et styles mais aussi les pratiques orientées vers la santé, la self-défense, la compétition… Comment s’y retrouver parmi toutes ces approches d’un même art appelé karaté ? Lire la suite

Génèse d’un kata

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Du combat à la codification

Ce texte est un extrait du livre « BUNKAI, l’art de décoder les kata » budo éditions.

Comment les katas ont-ils été créés ? On peut envisager plusieurs hypothèses sur leurs origines. Comment en est-on arrivé à élaborer un système de défense encapsulé dans une suite de mouvements qui souvent nous semblent hermétiques…

On peut facilement imaginer qu’à l’origine, des hommes se sont entraînés pour trouver les meilleures façons de se défendre. Ils ont donc recherché et élaboré des techniques auxquelles ils s’entraînaient avec un partenaire. Une première étape de la codification fut de répertorier un certain panel d’attaques possibles, les plus courantes, et d’appliquer les techniques qui semblaient fonctionner pour se défendre. Ces techniques avaient certainement été testées dans des combats réels et une fois validées, elles ont été améliorées au gré des expériences. Pour pouvoir s’entraîner avec un partenaire, un certain nombre d’enchaînements ont été codifiés. Mais très rapidement, d’une part leur nombre augmentait et il était difficile de se souvenir de tout l’arsenal défensif accumulé, d’autre part comment faire pour réviser l’ensemble de ce corpus technique sans partenaire ?

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Les projections en karaté

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Les projections existent-elles en karaté ?

L’enseignement du karaté moderne consiste principalement dans l’étude des techniques de percussion (bras et jambes) et des parades. La plupart de ces techniques se trouvent dans les katas mais d’autres ont été découvertes ou ajoutées au fur et à mesure que le karaté s’ancra de plus en plus dans la position d’une discipline de percussion.

Mais qu’en est-il des projections ? Existent-elles en karaté à l’origine ? Dans ses différents livres, maître Gichin Funakoshi, l’architecte du karaté moderne et plus particulièrement de l’école shotokan, illustre et démontre huit projections. Il y explicite même pour certaines, qu’elles sont issues des katas. Ses élèves dans leurs livres, eux en revanche ne les mentionnent plus. Lire la suite